Luthériens et catholiques unis dans la prière

2017-11-20

Mrg Christian Lépine, archevêque de Montréal, en compagnie de l’Évêque du Synode Est du Canada, Michael Pryse. (Photo : Brigitte Bédard)Quelques dizaines de catholiques et de luthériens ont participé à une cérémonie commémorative du 500e anniversaire de la Réforme à l'église luthérienne St-John's dans le centre-ville de Montréal, le 18 novembre dernier.


C'est l'évêque luthérien du Synode est, Michael Pryse, qui a communiqué avec l'Archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, un peu plus tôt cette année, pour tenter d'organiser l'événement.  

Questionné sur les motivations qui l'ont poussé à faire cette invitation, Mgr Pryse a déclaré : « J'ai répondu à l'appel du Pape François, tout simplement ! C'est lui qui a lancé l'idée de souligner le 500e de la Réforme en unissant catholiques et luthériens dans la prière. »  

On se souvient que le pape François s'est rendu à Lund, en Suède, le 31 octobre 2016, avec l'évêque Munib Younan et le pasteur Martin Junge, représentants de la communion mondiale des 145 Églises de la Fédération luthérienne mondiale, pour donner le coup d'envoi de la commémoration commune de la Réforme¹. Le Pape avait alors demandé à toutes les églises et paroisses du monde entier de se réunir en 2017 pour prier ensemble.  

Le pasteur de l'église luthérienne St. John à Montréal, Eric Dick, a tenu à apporter une nuance importante : « Il ne s'agit pas d'une célébration de la Réforme, mais bien d'une commémoration. C'est différent. Il n'y a pas de quoi fêter ou de quoi se réjouir, mais il y a de quoi se remémorer, et c'est une occasion de rapprochement. »  

Lors de son homélie, Mgr Christian Lépine s'est attardé sur ce qu'il nomme « le principe fondamental » de tout ce mouvement de rapprochement et de réconciliation entre luthériens et catholiques : « Jésus-Christ est le trésor de notre vie ; sans Lui, rien n'est possible, comme nous le dit le texte de l'Évangile choisi pour notre prière commune aujourd'hui, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15, 1-5). Il y a tant de choses qui nous unit, on se demande pourquoi on en a fait tout un plat il y a 500 ans ! » 

En effet, lors de la prière, tous ont pu constater à quel point la liturgie luthérienne et catholique se ressemblait, notamment lors de la récitation du Credo, qui est en tout point pareil.  

L'évêque Pryse a tenu à rappeler que l'Église a toujours besoin d'être réformée et purifiée : « Au cours de mes nombreux voyages dans l'est du Canada, je ressens la soif d'unité des fidèles de nos églises ; tous veulent voir une communion plus visible entre luthériens et catholiques. C'est un grand désir ! »  

« Cette prière nous permet de demander pardon pour tout le mal que nous avons fait, que nos prédécesseurs ont fait aussi. » « Nous regrettons profondément les maux que les catholiques et les luthérien(ne)s se sont infligés mutuellement », a-t-on pu entendre lors de la prière.  

Les cinq impératifs proposés dans le document « Du conflit à la communion » ont été répétés, comme un guide pour tous les catholiques et les luthériens : se placer dans une perspective d'unité ; se laisser transformer par la rencontre de l'autre ; rechercher l'unité visible ; redécouvrir la puissance de l'Évangile ; témoigner de la grâce de Dieu en proclamant l'Évangile et en se mettant au service du monde. « Après chaque engagement, au pied du Crucifix de l'autel, une chandelle était allumée, avec simplicité et modestie. Des gestes touchant qui donnaient à cette prière commune une solennité propice à l'intériorité. On avait l'impression d'assister à un moment historique. » 

« Prier ensemble ? Qui aurait cru la chose possible il y a 50 ans ? », s'est exclamé le pasteur Dick. « Amen ! »

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¹ Le rapport « Du conflit à la communion », réalisé par la Commission internationale luthéro-catholique romaine sur l'unité raconte l'histoire de la Réforme telle qu'elle est unanimement comprise par les deux traditions, analyse les points théologiques sujets à controverse et dresse la liste des différends qu'on peut aujourd'hui considérer comme résolus grâce au dialogue et à une compréhension mutuelle.

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