Communiqués de la CECC et de l'AÉCQ

2013-02-12

Très Saint-Père,

Les évêques du Canada ont su ce matin votre intention de renoncer au ministère d’évêque de Rome. Comme les fidèles du Canada, nous avons appris à vous aimer et à vous admirer, et c’est avec tristesse que nous envisageons votre prochain éloignement du souverain pontificat. Par ailleurs, nous sommes pleins de gratitude envers le Seigneur pour les grâces extraordinaires que nous a values votre leadership hors du commun. C’est dans l’admiration que nous accueillons le témoignage de courage vécu et l’admirable clarté de pensée qui ont marqué vos nombreuses années de dévouement et de service comme prêtre et évêque, comme enseignant et écrivain, comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et, d’une manière toute particulière, comme Pasteur de l’Église universelle.

Votre Sainteté, daignez accepter l’expression de la profonde reconnaissance des évêques, du clergé et des fidèles du Canada pour le don total que vous avez fait de vous-même au service de l’Église. Admirables, inspirés, vos encycliques, vos homélies et vos innombrables messages nous laissent l’héritage d’un enseignement limpide, pénétré d’amour pour le Christ et son Église; cet héritage sera un guide sûr pour les chrétiennes et les chrétiens des prochaines générations.

À titre de président de notre Conférence épiscopale, je tiens à vous remercier pour la grande bonté et le soutien sans faille que vous avez toujours témoignés à l’Église du Canada et à ses évêques, qui s’efforcent d’être de fidèles ouvriers dans la vigne du Seigneur. Je voudrais en particulier vous dire combien nous avons apprécié de vous voir exprimer les regrets de l’Église pour ses erreurs passées à l’endroit de la population autochtone du Canada, et ouvrir la voie à un nouvel avenir par la canonisation de sainte Kateri Tekakwitha.

Très Saint-Père, votre décision de renoncer à vos fonctions naît, nous le savons, de votre amour pour l’Église. C’est un acte de foi qui nous invite à notre tour à mettre notre foi et notre confiance en notre Père céleste qui conduit toutes choses, en Jésus Christ qui reste toujours avec nous et en l’Esprit Saint qui nous unit dans l’amour et dans l’espérance.

Merci de nous avoir si bien servis comme Successeur de Pierre. Comptez, Très Saint-Père, sur la constance de la prière, de l’amour et du soutien de l’Église au Canada et recevez l’assurance de notre profond respect en notre Seigneur.

+ Richard W. Smith
Archevêque d’Edmonton et
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

www.cccb.ca



La renonciation du Saint-Père, ce matin, nous a surpris et bouleversés. Avec son départ, nous perdrons un pasteur, un maître et un père que nous aimons profondément et qui nous manquera beaucoup.

En renonçant à son ministère d'évêque de Rome, successeur de l'apôtre Pierre, parce qu'il est « parvenu à la certitude que ses forces, en raison de l'avancement de son âge,ne sont plus aptes à l'exercer adéquatement », ce grand serviteur de Dieu et de l'Église fait preuve d'un réalisme, d'un courage et d'une humilité qui nous remplissent d'admiration. Qu'il ait choisi pour cette annonce ce 11 février, fête de Notre‑Dame de Lourdes et Journée mondiale des malades, nous laisse entendre en outre qu'il comptera désormais sur notre prière pour l'accompagner dans cette nouvelle phase de sa vie.

Les souvenirs marquants de ce pontificat sont nombreux et nourriront notre action de grâce à Dieu. Nous aurons l'occasion d'y revenir, mais qu’il suffise pour l'instant d'en évoquer quelques-uns. On pense bien sûr à l'enseignement de Benoît XVI, qui a su notamment nous captiver par ses merveilleuses catéchèses du mercredi, que ce soit par tous ces portraits de grands témoins de la foi, hommes et femmes qui ont suivi le Christ tout au long de l'histoire de l'Église, ou encore par cette lumineuse série sur la prière qui s'est étalée au long des deux dernières années. Et que dire de ses encycliques? La première, Dieu est Amour, avait étonné et touché bien des coeurs, dans l'Église et bien au-delà. De plus, ses trois livres sur Jésus ont été des succès de librairie et resteront des références pour longtemps. Dans l'avant-propos du premier tome, Jésus de Nazareth, paru en 2007, il avait présenté cette oeuvre en disant : « Ce livre n'est en aucune manière un acte du magistère, mais uniquement l'expression de ma quête personnelle de "la face du Seigneur". Aussi chacun est-il libre de me contredire. Je prie simplement les lectrices et les lecteurs de me faire le crédit de la bienveillance sans lequel il n'y a pas de compréhension possible ». Ces quelques mots sont tout à fait caractéristiques de l'humilité et de la grandeur de Joseph Ratzinger.

Les voyages de Benoît XVI nous ont laissé des images fortes et indélébiles: on pense à la prière silencieuse dans la Mosquée bleue d'Istanbul, aux côtés du Grand Mufti; aux rencontres personnelles avec des victimes d'abus sexuels; aux grandes célébrations en Terre sainte, à Cuba, au Mexique, au Bénin, au Liban; aux Journées mondiales de la Jeunesse à Cologne, à Sydney et à Madrid; à la prière à Ground Zero à New York. Et encore…

Pour les évêques du Québec, le souvenir de leur visite à Rome et au Saint-Père en 2006, pour la traditionnelle visite ad limina, restera gravé dans les mémoires comme un temps exceptionnel de communion avec l'Église universelle et son pasteur.

Nous devons maintenant nous préparer à vivre intensément, dans la prière, les prochaines semaines. Nous entrerons en Carême dans deux jours, avec le mercredi des Cendres. Ce sera cette année un temps d'autant plus intense qu'il sera marqué par le départ du Saint-Père, par la convocation et la tenue d'un conclave et par l'élection d'un nouveau pape, sans doute avant les célébrations de la Semaine sainte. La traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi de Pâques sera vraisemblablement donnée par lui.

Prions donc pour l'Église, d'abord, en cette année de la foi: que nous puissions vivre ce temps de transition dans l'unité, la charité et la communion fraternelle, confiants en la Providence de Dieu, en la présence du Christ et en l'action de l'Esprit Saint.

Prions de façon spéciale pour les cardinaux à qui il reviendra de choisir le successeur de Benoît XVI. Et prions, sans le connaître, pour celui qu’ils éliront : que Dieu lui donne la force et le détachement pour accepter ce ministère qui le conduira, à son tour, au don total de lui-même à l'Église.

+ Pierre-André Fournier
Archevêque de Rimouski
Président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec

www.eveques.qc.ca 

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