« En ces jours difficiles pour moi, j'ai senti l'amour que vous me portez »

2013-02-14

Des milliers de pèlerins ont afflué au Vatican aujourd'hui dans l'espoir de participer à l'une des dernières apparitions publiques du Pape Benoît XVI. 

Environ 3 500 personnes ont rempli la salle Paul VI, où le pape a donné son avant-dernière audience publique du mercredi.

Comme prévu, la foule éclata en applaudissements quand le pontife, âgé de 85 ans, entra dans la salle. C'était sa première apparition publique depuis lundi, quand il a choqué le monde avec son annonce inattendue dans laquelle il a abdiqué sa position en tant que chef de l'Église catholique universelle.

Avant de se lancer dans sa catéchèse, le pape a salué les pèlerins et a abordé la question qui brûlait dans le cœur de chacun. À peine après avoir prononcé quelques mots, il se fit interrompre par les applaudissements de la foule, évidement émue. Le pape, lui aussi, était visiblement ému par la réaction des gens.

« Chers frères et sœurs », a-t-il commencé, « comme vous le savez, j'ai décidé ... » À peine avait-il prononcé ces paroles que le foule interrompit son discours par plus de 15 secondes d'applaudissements. 

« Merci pour votre gentillesse », dit-il sincèrement, avant de reprendre. « J'ai décidé d’abdiquer du ministère que le Seigneur m'avait confié le 19 avril 2005. » 

« Je l'ai fait en toute liberté, pour le bien de l'Église, après avoir longuement prié et examiné ma conscience devant Dieu, bien conscient de la gravité de cet acte », a-t-il souligné. 

« J'étais aussi très conscient que je n'étais plus en mesure de remplir le ministère pétrinien avec la force que cela exige », a-t-il poursuivi. « Ce qui me soutient et qui m’éclaire, c’est la certitude que l'Église appartient au Christ, dont les soins et les conseils ne manquent jamais. Je vous remercie tous pour l'amour et la prière avec laquelle vous m'avez accompagné. »

La foule a alors exprimé son soutien et son accord par un autre tonnerre d'applaudissements.

« J'ai ressenti, presque physiquement, vos prières en ces jours qui ne sont pas facile pour moi, la force que l'amour de l'Église et de vos prières me donnent. Continuez à prier pour moi et pour le futur pape. Le Seigneur nous guidera, » a-t-il déclaré, suivi par des applaudissements soutenus. 

Par la suite, le pape a tourné son attention vers sa catéchèse en ce Mercredi des cendres. Il a réfléchit sur les trois tentations du Christ dans le désert et les tentations que les chrétiens expérimentent actuellement.

Face aux défis de la vie, dit-il, chaque chrétien est invité à répondre aux questions: Qu'est-ce qui est vraiment important dans ma vie? Quel est le rôle de Dieu dans ma vie? Dieu est-il le Seigneur ou suis-je le dieu de ma propre vie?

Au centre des tentations avec lesquelles Jésus a fait face dans le désert est l’exploitation de Dieu. Autrement dit, l'utilisation de Dieu pour ses propres intérêts, sa gloire et son succès. Cela, aussi, est la tentation des chrétiens d'aujourd'hui : c'est de soumettre Dieu à soi-même. Le parcours du chrétien lui demande alors de se convertir pour que Dieu soit en première place, pour que tous les aspects de sa vie soient dans l’ordre juste.

Carême, par conséquence, est un temps pour les chrétiens pour se laisser transformer par Dieu et reconnaître sa dépendance à lui.

« La conversion ne signifie pas la fermeture sur nous-mêmes pour la poursuite du succès, le prestige, la position, mais de faire en sorte que chaque jour, dans les petites choses, la vérité, la foi en Dieu et l'amour deviennent de plus en plus importants », a-t-il conclu.

Peu de temps après que l'audience soit terminée, des centaines de personnes faisaient déjà la queue pour des billets à la messe papale du soir, pour le Mercredi des cendres en la basilique Saint-Pierre.

Deux séminaristes français étaient parmi ceux qui attendaient des billets pour la dernière liturgie publique du pape Benoît XVI. 

« J'ai été surpris par sa démission et un peu triste », a déclaré Jean-Vivien Paquier de l'archidiocèse de Bordeaux. « Il était comme un père pour ma génération de séminaristes. En même temps, j'ai une immense action de grâce pour le Saint-Père. »

Louis-Marie De Linage du diocèse de Luçon a ajouté qu'il se sentait un peu orphelin après avoir entendu les nouvelles lundi. Il est très reconnaissant envers le pape pour son témoignage. « Il nous a montré le Christ à travers tout ce qu'il avait à nous offrir : son intelligence, son humilité, sa douceur et sa fermeté », a-t-il dit. 

Les séminaristes, tous les deux étudiants dans des universités pontificales à Rome, ont dit qu'ils prieront pour le conclave, qui débutera vers la mi-mars.

Quant à M. l’abbé Polycarpe Ondang Dada du Congo, il a reçu la nouvelle de l'abdication du pape avec « un esprit de foi. »

Comme chef de l’Église catholique, il a compris que sa position n'est pas celle du pouvoir, mais du service, dit Dada. « Il s'est rendu compte que la force physique que Dieu lui a donné avait diminuée, et il a compris que le moment était venu de laisser une autre personne continuer cette même oeuvre », a-t-il dit. 

« Dieu l'a utilisé, et il a fait ce qu'il pouvait. Mais il sait que Dieu peut utiliser d'autres structures et d'autres personnes pour la vie de l'Église, qu’il n'est qu'un instrument, » a-t-il dit. 

Le pape donnera sa dernière réflexion publique sur l’Angélus du dimanche, le 24 février prochain. Sa dernière audience générale du mercredi est prévue pour le 27 février sur la place Saint-Pierre. 

La messe du pape pour le Mercredi des Cendres était en cours au moment de la publication. 

Laura Ieraci

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