Moi, mes souliers... de Montréal jusqu’au Cap

2013-09-02

L'été est une saison propice pour refaire ses forces spirituelles. Un pèlerinage peut s'avérer un merveilleux ressourcement pour le corps, l'âme et le cœur... d'autant plus s'il a pour cadre notre Belle Province!

Enchâssé entre les fêtes de la Transfiguration et de l'Assomption, le pèlerinage Marie-Reine-de-la-Paix quitte la cathédrale de Montréal chaque année le 6 août et parvient au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap à Trois-Rivières pour le festival de l'Assomption le 15 août.  

Fondé il y a 30 ans, le pèlerinage a porté de nombreux fruits, parmi lesquels la multiplication au Québec des routes proposées. Séduits par leur expérience, d'anciens pèlerins ont fondé des parcours partant de Joliette, de Nicolet, de Sherbrooke, de Granby, de Saint-Hyacinthe, de Québec et d'ailleurs encore. Tous convergent vers le Sanctuaire du Cap pour y faire ensemble une entrée remarquable et remarquée : on ne voit pas tous les jours un défilé de centaines de pèlerins provenant des quatre coins de la province!  

Une organisation hors pair  

Entièrement mis en œuvre par une corporation composée de laïcs, ce pèlerinage a une qualité d'organisation particulièrement remarquable.  

Transport de bagages vers la halte de nuit, repas sobres et nourrissants servis à la bonne franquette, itinéraire planifié et maintes fois testé, animation spirituelle en route et eucharistie quotidienne - il y a même une clinique de soins des pieds en soirée. Il mériterait le sobriquet de « pèlerinage en pantoufles ». Les nuitées se passent à « l'hôtel Dieu », c'est-à-dire dans des églises, le plus souvent. Pour un cœur de croyant, l'expérience est marquante.  

Le verre d'eau de la charité  

Une pause est prévue tous les 3 à 6 km, parfois dans des églises, d'autres fois chez des particuliers qui avec grande bonté ouvrent les portes de leur maison.  

On pourrait croire que le débarquement d'une cohorte de pèlerins serait pour eux une source d'inquiétude et de soucis. Au contraire, tous ces comités d'accueil rivalisent de générosité envers les marcheurs, offrant rafraîchissements, boissons chaudes et collations savoureuses.  

« J'accueille mes frères! », s'exclame Madame Hétu de Saint-Sulpice chez qui les pèlerins s'arrêtent depuis 29 ans. « C'est ma participation à la communion ecclésiale et mon offrande en l'honneur de l'Assomption de Marie. Aussi, l'exemple des pèlerins fortifie ma foi. »  

À Lanoraie, la paroisse Saint-Joseph se mobilise depuis 25 ans pour offrir aux pèlerins un banquet en soirée, grâce à une collecte spéciale en juillet et une équipe de bénévoles et de Sœurs de la Providence. « Jésus dit que le petit verre d'eau donné en son nom sera récompensé, que tout ce que nous faisons aux plus petits des siens, c'est à lui que nous le faisons », rappellent Sœur Lise et Sœur Colombe. « Le passage des pèlerins apporte beaucoup de joie dans la paroisse... et un surcroît de grâces! »  Une bénévole surenchérit : « Je suis une personne de foi : outre la joie, ça me donne un encouragement à persévérer. »  

Un témoignage d'Église en plein air  

Les pèlerins portent dès le Jour 1 un sac rempli d'intentions de prières qui leur ont été confiées avant le départ. Aux haltes, on leur en confie d'autres. En route, des gens viennent voir les marcheurs : « Moi je ne prie pas, mais vous, s'il vous plaît, priez pour moi », demandent-ils candidement.  

« Certains reviennent l'année suivante nous faire connaître des fruits que la prière du pèlerinage a portés », raconte Lucette, l'une des responsables. « Parfois on rencontre des gens agressifs en chemin qui nous manifeste leur colère. On prie pour eux. Beaucoup d'automobilistes klaxonnent pour nous encourager. Ce pélé est un témoignage vital pour notre Église. »  

Si Dieu est partout, pourquoi se donner tant de mal pour aller à Lui?  

« Ce n'est pas que Dieu soit davantage présent à la destination finale, c'est que le pèlerinage prépare le cœur à recevoir davantage Dieu. Ça creuse en nous un espace pour Dieu », explique Lucette.  

« Un pèlerinage n'est pas une marche ; c'est une démarche de conversion du cœur et de réconciliation, une invitation à se laisser déranger et désinstaller par Dieu. Il nous travaille à l'intérieur en passant par l'extérieur : la marche et ses épreuves, les imprévus, le contact des autres, de la nature, le silence, le temps qu'on donne à Dieu. »  

La marche porte à la méditation et à la prière. La force du groupe procure la joie d'être ensemble, d'être soutenus, aidés, accompagnés.  

« La première journée, on part tous comme des étrangers. On finit comme une grande famille. On a le cœur serré quand on se quitte le 15... Nous les organisateurs, nous voyons les visages transformés à la fin. C'est notre récompense! », conclut Lucette, enthousiaste.  

Un petit goût de revenez-y  

Certains pèlerins sont des habitués; c'est que la formule est gagnante.  

« C'est dans un pèlerinage à Medjugorje que j'ai découvert la prière, l'eucharistie, la présence incroyable de Jésus et de Marie. Quand j'ai su qu'il y avait un pèlerinage marial chez nous, pas au loin dans un autre pays, tout de suite j'ai voulu le vivre », explique France qui en est à sa troisième participation. « Me mettre en marche physiquement aide au discernement, à voir plus clair dans mon propre chemin de vie. Le mouvement du corps me dispose à m'en remettre à Dieu », poursuit-elle, confiant du même souffle avoir reçu une grâce très forte durant ce pèlerinage.  

Une confidence que partage Marie-Lou, 18 ans, qui en est à sa septième participation. « J'avais 8 ans la première fois. J'ai marché la totalité des 200 km pour obtenir une faveur spéciale pour une amie subitement atteinte d'une maladie très grave, paralysante et permanente. Quelques mois après mon retour du pèlerinage, mon amie revenait à l'école et sa maladie s'est estompée. »  

L'obtention d'une telle faveur n'est pourtant pas le motif de ses nombreuses participations : plutôt le goût de la vie de groupe, de revoir les pèlerins, l'expérience d'entraide et de solidarité, l'aspect sportif, la fierté d'avoir réussi cet accomplissement. « Ce pèlerinage me permet de voir de nouveaux horizons, de me replonger dans une pratique de foi, de m'enrichir. J'ai même appris à jouer de la guitare dans ces pèlerinages! »  

Une formule gagnante à transmettre  

La corporation de laïcs derrière le pèlerinage Marie-Reine-de-la-Paix espère trouver une relève à qui transmettre ce projet clé-en-main pour que l'œuvre se poursuive.  

« Je suis très choyé par la vie », s'émerveille Yvon, l'un des responsable depuis 25 ans. « M'engager dans le C.A. du pélé, c'est ma façon de dire 'merci!' avec des gestes concrets, qui sont un témoignage plus fort que des paroles légères. Je voudrais tellement que le monde soit meilleur ; je crois qu'un pèlerinage axé sur la réconciliation et son fruit, la paix, est un bon outil pour œuvrer dans cette direction. »  

Claire, également l'une des responsable engagée depuis 27 ans, rappelle que « le pape François nous dit souvent de sortir de nos maisons, nos sacristies, nos églises, qu'il faut aller sur les chemins porter le Christ au monde. Eh bien, c'est exactement ce que nous faisons! Nous, nous vieillissons, mais il faut que ce pèlerinage continue... »

L'invitation est lancée!



POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS :

  • Livre relatant la fondation et les 30 années d'expérience sur les routes du Québec.                               Pour se procurer cet ouvrage : 
Teresa (514) 525-2462 
          pasqualet@videotron.ca


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