Pas encore la guerre !

2013-09-11

« Faut-il croire au pouvoir de l'amour ou au pouvoir de la violence? » demandait Mgr Christian Lépine au cours de la messe qu'il présidait pendant la veillée de prière demandée par le pape François, samedi soir dernier. « L'histoire du monde est un perpétuel champs de bataille, si bien qu'il nous arrive de trouver que cela est normal, alors que nous sommes faits pour l'harmonie et pour la paix ». ajouta-t-il. « Dieu s'est déjà engagé à nous faire retrouver l'harmonie perdue par le péché originel. Nous avons soif de paix, mais croyons-nous que Dieu puisse nous y conduire ? ». 

Pour l'Archevêque, ce n'est pas seulement parce que le cœur du pape est profondément blessé par ce qui se passe en Syrie et angoissé par les développements dramatiques qui s'annoncent mais d'abord parce qu'il sait que le Pape croit profondément en la paix. « Oui, la paix est possible, mais encore faut-il y croire ! » répéta-t-il. Les fidèles de Montréal, bien qu'avertis à la dernière minute, semblent y croire aussi puisqu'ils ont répondu en grand nombre à cette invitation et ont rempli la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de 19 h 00 à minuit. 

Il est vrai que nous avons encore fixé à l'esprit et dans le cœur les terribles images des derniers jours où l'on voit tous ces enfants qui, selon toute vraisemblance, auraient été tués par les armes chimiques. Par-dessus le marché voici que les grands pays parlent d'attaques vengeresses tandis que d'autres s'y opposent. « Que de souffrance, que de destruction, que de douleur a provoqué et provoque l'usage des armes dans ces pays affligés! »

Parmi les fidèles qui sont venus, il y avait un grand nombre de citoyens d'origine étrangère. Combien parmi eux ont déjà connu la guerre? Combien sont venus dans notre pays pour s'éloigner des lieux les plus explosifs de la terre? Comment pourraient-ils oublier? Ils sont venus prier avec leurs frères et sœurs dans la foi, unis à leur évêque et au pape. Ils sont venus prier aussi en pensant à leurs compatriotes et à leur famille qui sont en danger. En entrant dans la cathédrale, une veuve italienne commentait les événements menaçants des derniers jours par ces simples mots : « Non ! Pas encore la guerre ! ». C'était son cri pour la paix. Après cette soirée, une question demeurait : comment les croyants peuvent-ils encore parler de « gagner » une guerre?

VIDÉO : Veillée de prière au Vatican


Abbé Robert Gendreau
Directeur du Service de pastorale liturgique

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