Rencontrer l'autre à travers le bénévolat

2014-04-05

La rencontre avec l'autre est l'aspect essentiel de ce que constitue le SASMAD, le Service d'accompagnement spirituel aux personnes malades et âgées. Lors de ces temps privilégiés, une grande complicité peut s'installer, comme nous avons pu le constater avec Mmes Thérèse Hélie et Nicole Boudreault, respectivement accompagnatrice et bénéficiaire. 


Nicole Boudreault est sédentaire. Le diabète et des problèmes de cœur, entre autres, la forcent à demeurer dans son appartement du sud de l'île de Laval. Elle ne sort que pour ses rendez-vous chez le médecin, et parfois quand elle est en forme, pour accompagner son mari « qui est toujours sorti! », indique-t-elle en riant. « Il va toujours aider nos enfants ».

Quand Mme Hélie vient la rencontrer une fois par semaine, « c'est une joie immense! », confie Mme Boudreault. « Le jeudi, c'est ma journée », s'exclame-t-elle enthousiaste. « On me l'a offert [le CLSC] parce que je suis une femme sédentaire. Ça me fait un bien énorme quand Mme Hélie est avec moi. Elle est mon petit rayon de soleil. »

Cette réciprocité est presque parfaite, les deux soulignant le fait qu'elles « se r'montent » mutuellement à chaque rencontre. « Moi ça me donne plus qu'elle ne reçoit », assure Thérèse Hélie, qui accompagne également des personnes malades dans d'autres types d'organisations. Par contre avec Mme Boudreault, la relation est différente. « Parce que je trouve ça tellement merveilleux de l'entendre me parler, pis de me confier plein de choses. »

Mme Hélie s'est impliquée au SASMAD d'abord pour ses convictions catholiques. Par contre, il ne lui est pas demandé de les transmettre, l'écoute étant la première qualité recherchée chez les accompagnatrices.

Mais l'ouverture de Nicole Boudreault à l'univers de la foi chrétienne la réjouit. « Puis, qu'on puisse être capable de lire toute la messe, toutes les deux ensemble », cela représente une plus-value que ni l'une ni l'autre ne saurait abandonner. « Au début, j'ai apporté un Prions en Église pour plus de prières, parce qu'au départ, on faisait juste le Notre Père. » Puis, les deux ont décidé d'aller plus loin : lire la messe, partager sur l'Objectif-Vie de la semaine contenue dans le livret, et communier. « Je lui apporte la communion », indique Mme Hélie. « Il y a vraiment une communion entre nous deux! »

Que vient-elle chercher? « Le bonheur et la communication entre les deux. Y a quelque chose qui s'passe entre nous deux, elle et moi, puis même des fois sans mot. Quand j'm'en retourne chez nous j'suis vraiment remplie. J'suis remplie de joie d'avoir été en communion avec elle pis ce qu'elle a pu m'apporter. »

L'essentielle écoute


Entre les deux, il y a plus que l'amitié. Mme Hélie considère que dans l'amitié, on se garde toujours « une petite gêne ». Une façon d'être qu'elle ne ressent pas en compagnie de Mme Boudreault. « Nous autres, nos » cœurs sont grands ouverts l'une à l'autre », confie l'accompagnatrice. « J'pense que ça, c'est extrêmement important. Je ne pensais pas en prenant le SASMAD que ça deviendrait quelque chose comme ça... je ne pensais jamais que ce serait aussi fort que ça. Et c'est très fort! », Insiste-t-elle.

Pour en arriver à créer cette chimie, il faut savoir être à l'écoute. Sûrement l'une des principales qualités que possède Françoise Golden, coordonnatrice du SASMAD pour Repentigny et Laval. « On ne peut pas trouver meilleur témoignage pour expliquer c'est quoi le SASMAD », indique-t-elle. Et la majeure partie des bénévoles vivent le même genre de relation avec les bénéficiaires. « C'est ça qui me nourrit comme coordonnatrice », confie-t-elle. Dans le choix de l'accompagnatrice et du bénéficiaire, il « faut que le cœur s'ouvre ». Sinon, tout est à revoir.

Cette coordonnatrice est arrivée au SASMAD il y a huit ans. A-t-elle toujours été attirée par un travail semblable? « Plus jeune, je voyais quelqu'un avec un handicap, et puis la nausée me prenait, je courais, je n'étais pas capable de rester », explique-t-elle. Puis en paroisse, alors animatrice de pastorale, elle a commencé à fréquenter les malades en CHSLD. L'approche auprès des personnes âgées est devenue plus naturelle.

Comment voit-elle l'avenir pour l'organisme? Avec le vieillissement de la population et une volonté claire du gouvernement d'accroître le soutien à domicile, le SASMAD risque d'être de plus en plus sollicité. Un des défis sera d'ailleurs de commencer à adapter sa pastorale aux personnes souffrants de pertes cognitives, comme l'Alzheimer.

Aujourd'hui, le SASMAD recherche activement des accompagnateurs et accompagnatrices. Des personnes qui ont à cœur de servir leur communauté dans un mouvement fraternel au nom de leur foi et capable d'aimer à la manière de Jésus, c'est-à-dire sans attente, sans jugement, avec patience et espérance. Le service s'adresse à tous, croyants ou non-croyants.

Pour en savoir plus, joindre le SASMAD au 514-272-4441
Pour plus d'informations


Mario Bard

Revenir

Commentaires

*
*
Veuillez additionner 4 et 3.*