Syrie : des Maristes au front de la charité

2012-08-15

Les Frères Maristes d’Alep en Syrie ont écrit le 26 juillet dernier : « notre ville, deuxième ville du pays, capitale économique, grand centre de commerce et d’artisanat, est en train de mourir ».

Les religieux parlent d’une ville asphyxiée et indique que la « guerre est en train de s’étendre dans les quartiers ».

Dans cette lettre très touchante – dont vous trouverez copie dans le premier ‘liens d’intérêt’ en bas de page – les Maristes indiquent que tout manque : le pain, l’électricité, le lait, les médicaments. Le « seul qui ne manque pas c’est le fantôme de la guerre. Il rôde, il est partout. Une odeur nauséabonde monte des rues … ».

Le risque d’être enlevé ou tué est réel, une situation confirmée par des canadiens d’origine syrienne, en contact quotidien avec leurs proches. Et être chrétien est une raison supplémentaire de craindre.

« Alors, la question s’est posée, que faisons-nous ? », continuent les Maristes. « Fuir comme tant de familles l’ont fait ? Rester sur place paralysés ? Agir ? Que faire ? ». S’ils ont d’abord décidé de continuer les activités qu’ils avaient déjà prévues cet été, comme des projets de colonies de vacances ou d’autres types d’activités éducatives, les religieux ont « tout doucement » réalisé que le « danger était énorme et qu’il fallait arrêter ».

Déplacés et « histoire sacrée »

Mais, dans leur esprit, « arrêter » les activités « ne veut en rien dire arrêter notre mission ». Les religieux se sont demandé quelles réponses donner aux urgences. « L’appel du dernier chapitre général nous pressait à sortir vers les personnes déplacées. Dans le quartier de Jabal el Saydeh, quartier où nous travaillons depuis plus de 25 ans auprès des plus pauvres, nous avons trouvé des gens encore plus pauvres… Les déplacés ! »

Des personnes déplacées qui ont « répondu généreusement » à la proposition des Frères.

« Vers eux, nous avons couru, vers les enfants, vers les femmes et les hommes ». Fidèles à leurs missions d’éducateurs, les Maristes d’Alep ont décidé de rester et d’organiser différentes activités pour tous, mais surtout pour les enfants, avec l’aide de jeunes laïcs.

« Un ballon les a animés… Ils ont joué, dansé, chanté… chacun d’eux est une histoire, une histoire sacrée qui se révélait à nous. Une petite qui partage sa douleur d’être orpheline… Un garçon qui offre dès le premier instant un crayon à un animateur, « Habaytak » lui lance-t-il, je t’ai aimé… »
 

 

Les religieux observent également des signes de détente dans cette ville au bord de la catastrophe. « Une fille se transformera tout doucement grâce à une main qui ne l’a pas lâchée… Elle ose retirer ses mains qui bouchaient ses oreilles. Elle joue à la corde, elle sourit ».

Même le « cheikh » (l’Imam), est venu les remercier. « Quelqu’un demande, "vous êtes chrétiens ?" » Un vieux vient chez moi pour m’embrasser et me dire "Choukran" », ce qui veut dire « merci ».

Besoins matériel pressants et prières demandées

Les religieux continuent leur travail malgré les bombes, les exactions et autres dangers inhérents à ce genre de conflit. Ils soutiennent les déplacés qui se trouvent dans leur quartier. Ils demandent de l'appui.

Certaines organisations catholiques, comme Aide à l’Église en Détresse, ont déjà fait parvenir cette année en Syrie une aide d’urgence de 160 000$.

Les Canadiens d’origine syrienne à qui nous avons parlé nous demandent aussi une autre chose essentielle : la prière pour le peuple et le pays.

Les déplacés « sont un visage, ils sont une histoire, ils sont un regard, ils sont un poème… Pour eux et à cause d’eux, nous risquons », écrivent enfin les Maristes bleus.

« Oui, nous risquons nos vies. Certains jeunes [bénévoles] n’ont pas l’aval de leurs parents. Certains bénévoles ont organisé leur foyer pour oser un geste ! Tous, nous savons le grand risque de travailler quand les armes ne se taisent pas ».

« Mais un seul sourire d’un enfant n’est–il pas suffisant pour faire tomber nos craintes », terminent-ils.


tl_files/actualite/manchettes/2012-08/Syrie - petite fille au dessin... pour oublier ce qui se passe..jpg 

Liens d’intérêt

Lien vers deux lettres – 26 juillet et 2 août - telles que publiées par le site du journal  La Croix :
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Alep-notre-ville-est-en-train-de-mourir-_EG_-2012-08-02-838202#.UBu-Ncs8CkQ.facebook.

Page Facebook et site web des Frères Maristes d’Alep :
https://www.facebook.com/MaristesAlep

Un prêtre se confie à l’organisme international Aide à l’Église en Détresse :
http://www.facebook.com/notes/aide-%C3%A0-l%C3%A9glise-en-d%C3%A9tresse-canada/-ne-vous-accoutumez-pas-%C3%A0-la-situation-en-syrie-/10151020857147800

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