Des temps de grands défis

Mgr Edouard-Charles FabreMgr Édouard-Charles Fabre

1876-1896

À la démission de Mgr Ignace Bourget, le 16 mai, 1876, Mgr Édouard-Charles Fabre devient le troisième évêque de Montréal. Il a quarante-neuf ans. Dix ans plus tard, le 8 juin 1886, Rome le nomme premier archevêque de Montréal avec, comme suffragants, les évêques de Saint-Hyacinthe et de Sherbrooke.

Incidemment, c'est sous Mgr Fabre que s'effectuera une troisième partition du diocèse, par la création, en 1892, du diocèse de Valleyfield, au sud-est du territoire initial.

Pendant les vingt années de son épiscopat comme évêque titulaire de Montréal, il n'aura pas d'auxiliaire et devra présider à toutes les célébrations importantes. Il ordonnera 210 prêtres de son diocèse, auxquels il faut ajouter 820 autres prêtres - formés par le Grand Séminaire de Montréal - appartenant à 88 diocèses canadiens, américains ou autres. Il confirmera 222 438 enfants et fera 1 254 visites de paroisses.

À l'instar de Mgr Bourget, il accueillera dans son diocèse dix communautés religieuses venues d'Europe : les Petites Sœurs des Pauvres, les Trappistes, les Rédemptoristes, les Pères du Saint-Sacrement, les Franciscains, les Montfortains, les Frères Maristes, les Frères de Saint-Gabriel, les Frères du Sacré-Cœur et les Frères de l'Instruction Chrétienne.

Une forte crise économique durant le dernier quart du XIXe siècle et qui sévit particulièrement entre les années 1879 et 1884, obligera Mgr Fabre à faire face à de grandes difficultés financières, dans le diocèse. Taux élevé de chômage, fort accroissement de la population urbaine, due à l'immigration et à la venue de milliers d'habitants en ville, déstabiliseront toute l'économie de Montréal.

L'Archevêché prend d'abord en charge la dette cumulative de 840 000 $ des seize nouvelles paroisses de l'île de Montréal. Puis, dans sa lettre circulaire du 10 juin 1879, Mgr Fabre propose quelques solutions pratiques. Il demande à chaque Fabrique un prêt de 1 000 $ sans intérêt. Il fait de même pour les communautés religieuses et pour les particuliers plus à l'aise. On organise bazars, soirées récréatives, quêtes et dons. Mgr Bourget, retraité et malade, s'offre à quêter lui-même un peu partout.

Mgr Fabre veille néanmoins à ce que l'Église de Montréal manifeste la plus grande générosité possible envers les chômeurs et leurs familles. Avec un de ses prêtres, le populaire curé Antoine Labelle, il promeut la colonisation.

La situation économique s'étant améliorée, les travaux de construction de la cathédrale Saint-Jacques, interrompus pendant sept ans, peuvent reprendre, en 1885. Ils seront achevés en 1894, soit 42 ans après l'incendie de la précédente cathédrale, érigée sous Mgr Bourget.

Signalons encore les démarches entreprises par Mgr Fabre pour faire avancer la cause de l'Université de Montréal. La Congrégation de la Propagande, de qui relevait alors la charte pontificale de l'université, avait promis à celle-ci un statut de succursale de l'Université Laval. Grâce à la constitution jamdudum du 2 février 1889, obtenue de Rome par Mgr Fabre, l'Université de Montréal devient quasi indépendante. L'incorporation nouvelle et l'ouverture de cours, à l'automne 1890, sanctionnent l'existence des facultés de théologie, de droit, de médecine et des arts.

Mgr Fabre laissera à son successeur un diocèse en bonne santé, avec ses 450 000 fidèles, ses 503 prêtres diocésains ou religieux, ses 33 communautés d'hommes et de femmes et ses 164 paroisses.

Il meurt le 30 décembre 1896 dans sa résidence épiscopale, à l'âge de 69 ans.

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