L'engagement social prend forme

Mgr Georges GauthierMgr Georges Gauthier

1939-1940

La cause de l'éducation

L'éducation, tant primaire que supérieure, sera une des préoccupations majeures de Mgr Gauthier.

L'Université de Montréal tiendra une grande place dans ses soucis. Le nom de Mgr Gauthier est à joindre à ceux de Mgr Bourget, de Mgr Fabre et de Mgr Bruchési dans les démarches en vue d'une pleine reconnaissance de l'Université de Montréal. C'est d'ailleurs à la demande de Mgr Bruchési qu'il entreprend, en 1917, les derniers pourparlers en ce sens. Il y mettra à profit son expérience de vice-recteur, puis de recteur, pour faire avancer les choses. L'année 1919 marque le « détachement » ad experimentum de l'Université Laval.

L'année 1920 voit l'octroi d'une charte civile qui donne à l'Université de Montréal une existence légale. En 1924, Rome lui concède une « autonomie définitive » et, en 1927, une bulle pontificale vient ratifier cette autonomie. Longue gestation où s'entremêlent l'Université Laval réticente, l'autorité romaine et le pouvoir civil.

Au début de son rectorat (1920-1923), Mgr Gauthier mettra sur pied une Faculté des lettres, une Faculté des sciences et l'École des sciences sociales, économiques et politiques.

Un trait à souligner de l'œuvre universitaire de Mgr Gauthier est la collaboration intense qu'il a voulue et favorisée entre laïcs et ecclésiastiques dans la vie et le développement de l'Université de Montréal.

Mgr Gauthier donne aussi un élan à l'enseignement supérieur des jeunes filles et à la préparation des professeurs à l'enseignement. Il appuie et encourage la fondatrice de l'Institut pédagogique (1926), mère Saint-Anne-Marie, c.n.d., une éducatrice remarquable qui avait déjà établi le premier collège classique pour jeunes filles à Montréal, le Collège Marguerite-Bourgeoys (1908). Mgr Gauthier soutient encore la fondation de plusieurs scolasticats-écoles normales, favorise le régime d'externat classique à Montréal par la fondation des collèges André-Grasset (1927) et Sainte-Croix (1929).

La question sociale

Nous devons à Mgr Gauthier la fondation de l'École sociale populaire pour l'éveil et la formation à l'engagement social des chrétiens.

Il fut l'un des premiers promoteurs du syndicalisme catholique. Il deviendra d'ailleurs l'aumônier du premier syndicat catholique constitué à Montréal.

Il se réjouira de la fondation, par Marie Gérin-Lajoie, de l'Institut des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, qu'il établira canoniquement le 23 avril 1923, pour la formation des personnes qui s'emploient aux œuvres sociales féminines et à la direction de telles œuvres.

Autres initiatives

Durant son mandat d'archevêque coadjuteur, Mgr Gauthier fonda pas moins de trente-sept paroisses.

Il accueillit dans le diocèse dix-sept communautés religieuses et en érigea canoniquement quatre : l'Institut des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil (1923), ci-haut nommé, la Société des Missions-Étrangères (1925), les Oblates franciscaines de Saint-Joseph (1929), les Filles réparatrices du Divin-Cœur (1929).

En mai 1933, il convoquera la tenue d'un Synode diocésain.

Il conduira à bon terme la création du diocèse de Saint-Jean-de-Québec (1933) devenu le diocèse de Saint-Jean-Longueuil, cinquième diocèse à être détaché du diocèse initial de Montréal.

Mgr Georges Gauthier est décédé à l'Hôtel-Dieu de Montréal, le 31 août 1940, à l'âge de 68 ans.

Selon la règle canonique, il a été archevêque titulaire de Montréal pendant moins d'un an, soit pendant onze mois et dix jours. La réalité chronologique nous fait voir cependant que son service épiscopal à Montréal fut de 28 ans, dont 17 ans comme archevêque avec pleins pouvoirs.

Signalons qu'en moins d'un an, le diocèse perdit trois évêques : Mgr Paul Bruchési, décédé le 20 septembre 1939, Mgr Emmanuel-Alphonse Deschamps, auxiliaire, décédé le 23 juin 1940 et Mgr Georges Gauthier, décédé le 31 août 1940.

 

Témoignages: vos réaction à cet articles


Commentaire de Gilles Beaudet é.c. | 2012-10-24

Ces articles sont intéresssants, je les apprécie. Merci. surtout celui sur Mgr Georges Gauthier. On a omis de mentionner la fondatioon de l'Institut Pédagogique St-Georges, 1927, je pense.
*
*
Veuillez additionner 5 et 7.*

Revenir