Un temps de croissance

Mgr Ignace BourgetMgr Ignace Bourget

1840-1876

L'activité pastorale de Mgr Ignace Bourget s'est déroulée dans un contexte social, culturel et politique toujours en ébullition.

Pensons simplement aux séquelles de la Rébellion de 1837-1838, à la pauvreté grandissante des milieux montréalais et québécois, à la forte croissance démographique de la ville, aux épreuves et aux catastrophes du temps : épidémie de typhus, épidémie de choléra, conflagration du Centre-ville; au relâchement des mœurs, au fléau de l'alcoolisme, aux débats politiques qui ont entouré deux réformes constitutionnelles du pays : l'Acte d'Union (1840) et la Confédération (1867).

Voyages en Europe, recrutement et fondations de communautés religieuses

Le diocèse que Mgr Bourget prend en charge est une Église démunie, sans ressources en personnel, sans moyens financiers. Mgr Bourget se consacre à lui donner les équipements et les structures qui lui manquent. C'est le but de ces voyages en Europe - sept, d'une durée variable - qu'il entreprend dès la deuxième année de son épiscopat comme évêque de Montréal.

Parmi les conséquences de ses voyages, la plus heureuse est certainement la venue de plusieurs communautés religieuses (d'hommes et de femmes) ou d'ordres religieux, qui ont enrichi notre Église diocésaine et toute notre société. Nommons simplement, dans l'ordre de leur arrivée au pays :

    •       les Oblats de Marie-Immaculée (1841),
    •       les Jésuites (1842),
    •       les Dames du Sacré-Cœur (1844),
    •       les Pères, les Frères et les Sœurs de Sainte-Croix (1847),
    •       les Clercs de Saint-Viateur (1847),
    •       les Frères de la Charité, de Belgique (1864),
    •       les Carmélites (1875),
    •       les Pères blancs d'Afrique (1875).

Comme une floraison heureuse répondant aux besoins du temps, surgissent simultanément dans le diocèse même, quatre communautés religieuses féminines, suscitées par quatre femmes inspirées par l'Esprit et que Mgr Bourget soutiendra et guidera. Elles œuvreront dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'assistance sociale, au service de l'Église et de la société :

    •       les Sœurs de la Providence, avec Émilie Gamelin (1843),
    •       les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, avec Eulalie Durocher (1843),
    •       les Sœurs de Miséricorde, avec Rosalie Cadron-Jetté (1848),
    •       les Sœurs de Ste-Anne, avec Esther Blondin (1848).

Dans le diocèse sont en service depuis longtemps :

    •       les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph (1636),
    •       les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame (1658),
    •       les Sœurs de la Charité de Montréal (Sœurs grises) (1737). 

Sous l'épiscopat de Mgr Bourget et grâce à sa vision et à son action multiforme, le diocèse de Montréal s'est donné - ou plutôt a reçu - des institutions valeureuses qui ont été autant de bras mis au service du Seigneur et de la communauté chrétienne et humaine de Montréal et de la région.

Engagement social

Son engagement social a surgi de sa connaissance profonde du milieu et de l'état de la société. Il a voulu des institutions qui se consacreraient à la prévention des maux sociaux et à la réinsertion des marginaux.

Dès 1842, Mgr Bourget publie un mandement établissant l'Association diocésaine de Charité, inspirée par l'expérience diversifiée de groupes charitables, tels ceux des Dames de Charité, des Dames de la Providence, etc. Il rallie des personnes nécessaires à l'implantation d'œuvres nouvelles et les persuade. Par exemple, on relève les contributions généreuses d'un mécène, M. Olivier Berthelet, versées à l'Hospice Saint-Antoine (Mont St-Antoine) et aux Sœurs de Miséricorde. C'est à l'engagement des laïcs qu'il pense en implantant à Montréal, en 1847, la Société de Saint-Vincent-de-Paul, dont il réunit le premier conseil à l'évêché.

Quelques événements et gestes marquants

  • En 1840, Mgr Bourget confie à Saint-Sulpice la formation des prêtres diocésains. Le Grand Séminaire, logé d'abord dans l'ancien Collège de Montréal, rue Saint-Paul, s'établira définitivement, en 1854, sur le site actuel, rue Sherbrooke Ouest, ce qui le fera désigner joliment Le Grand Séminaire de Ville-Marie à la Montagne.
  • En 1846, dans un tout autre domaine d'activité, il participe à la fondation de la Banque d'Épargne de la Cité et du District de Montréal, destinée à promouvoir l'économie chez les ouvriers. C'est aujourd'hui la Banque Laurentienne.
  • En 1847, une forte immigration d'Irlandais chassés de leur pays par la disette, entre au Canada. Avec elle, une épidémie de typhus. Mgr Bourget mobilise les forces vives du diocèse. Des religieuses meurent en soignant les malades. Lui-même paie de sa personne et doit être hospitalisé.
  • En 1852, un grand incendie ravage tout le Centre-ville. Une conflagration qui sème la consternation. Mille maisons sont brûlées. Neuf mille personnes sont sur le pavé. La cathédrale et la résidence épiscopale sont incendiées.

Pour une longue période, la cathédrale élira domicile dans la chapelle de l'Asile de la Providence et l'évêché logera à l'Hospice Saint-Joseph. Dès 1854, Mgr Bourget acquiert un terrain dans l'ouest de la ville pour y construire une cathédrale nouvelle. Coup d'audace et vision d'avenir. Pour lui, le centre de la ville se développera vers l'ouest. En 1856, à Rome, il décide que la future cathédrale sera une copie réduite de Saint-Pierre de Rome, pour symboliser l'attachement de l'Église canadienne au Saint-Siège. Ce n'est qu'en 1870 que sera posée la première pierre de la cathédrale actuelle, sur le boulevard René-Lévesque entre les rues Mansfield et de la Cathédrale.

  • En 1852, également, un premier découpage du diocèse est effectué pour former le diocèse de Saint-Hyacinthe.
  • Le diocèse de Montréal qui comptait une centaine de paroisses en 1840, en compte cent quarante en 1870.
  • En 1873, le chanoine Édouard-Charles Fabre est nommé évêque coadjuteur de Montréal, avec droit de succession.
  • En 1874, un deuxième découpage du diocèse se fait, pour former le diocèse de Sherbrooke.
  • En 1876, le 9 septembre, Mgr Bourget démissionne.

 

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