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Concile Vatican II - deux visions plus tard

Cinquante ans après l'ouverture du Concile, le cœur de plusieurs catholiques est à la fête. Cet événement a changé le visage de l'Église partout dans le monde, donné des ailes au Peuple de Dieu et remis l'Évangile en première place dans l'esprit que doivent comporter les enseignements de l'Église. Pour souligner cet anniversaire, les évêques du monde entier se réunissent à Rome afin de participer au grand Synode sur la nouvelle Évangélisation, commençant ce 11 octobre, date anniversaire de l'ouverture du Concile.

Par Mario Bard, collaborateur

Par contre, d'autres s'interrogent sur les retombées de cet événement extraordinaire pour l'Église, qui selon ces critiques les plus acerbes, ne parvient plus à faire rentrer l'Église dans le 21e siècle : ils en appellent même à un 3e Concile. De l'autre côté, des critiques toutes aussi acerbes accusent le Concile d'avoir dénaturé l'Église. Entre les deux, des interprétations plus nuancées mais qui demeurent, à première vue, opposées. Rapide survol.

Encore du travail à faire

D'un côté, les partisans d'une réforme encore plus radicale de l'Église et de ses structures, en lien avec l'esprit du Concile Vatican II, considéré comme une rupture d'avec l'ancien mode de vie ecclésiale. Jose Comblin, théologie de la libération et praticien de la « théologie de la bêche », mort en mars 2011, considère dans un document publié après sa mort - et transmis en juillet 2011 au  mouvement "Movimiento Teologia para la Liberación" (Chili) - que d'autres réformes doivent être opérées sur les bases suivantes :

« - Le retour à la Bible comme référence permanente de la vie ecclésiale, au-dessus de toutes les élaborations doctrinales ultérieures, au-dessus des dogmes et de la théologie.

  • L'affirmation du peuple de Dieu comme participant actif à la vie de l'église, aussi bien pour témoigner de la foi que pour organiser la communauté, avec une définition juridique de droits et de recours dans le cas d'oppression par une partie des autorités.

  • L'affirmation de l'église des pauvres.

  • L'affirmation d'une église au service du monde sans recherche du pouvoir.

  • L'affirmation d'un œcuménisme de partage plus intime entre les églises chrétiennes.

  • L'affirmation de l'échange entre toutes les religions, ou pensées non religieuses.

  • Une réforme liturgique qui use de symboles et de mots compréhensibles par les hommes et les femmes de l'époque. Les commissions formées à la suite de Vatican II ont abandonné beaucoup de mots et de symboles totalement dépourvus de sens pour les chrétiens d'aujourd'hui et faisant obstacle à la mission. »

Dans ces milieux, il y un appel à un retour « aux grandes intuitions du Concile Vatican II », comme l'écrit le père Joseph Moignt dans un ouvrage qui vient de paraître chez Desclée de Brouwer, « Faire bouger l'Église catholique ».

Une autre façon de dire l'Église, en continuité

De l'autre côté, il y a ceux et celles qui affirment que le Concile n'est pas un moment de rupture, mais plutôt une continuité. Ils se réfèrent au discours d'ouverture de Jean XXIII - 11 octobre 1962 - qui affirmait : « Ce qui intéresse avant tout le Concile, c'est que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et enseigné de manière plus efficace. (...) »

Le 'Bon pape Jean' indiquait également : « Pour qu'une telle doctrine rejoigne les multiples champs de l'activité humaine, qui concernent les personnes seules, les familles et la vie sociale, il est avant tout nécessaire que l'Église ne détourne jamais les yeux du patrimoine de la vérité reçu des anciens ; et en même temps, elle a besoin de regarder aussi le présent, qui comporte des situations nouvelles et de nouveau modes de vie, et qui a ouvert de nouvelles voies à l'apostolat catholique. (...) »

Dans l'homélie qu'il prononça le 3 septembre 2000 pour la béatification de 'papa Giovanni' comme l'appelle encore affectueusement les Italiens, Jean-Paul II revenait sur ce passage en disant : « Le souffle de nouveauté qu'il apporta ne concernait pas la doctrine, mais plutôt la façon de l'exposer; sa façon de parler et d'agir possédait un style nouveau, l'attitude de sympathie avec laquelle il approchait les personnes communes et les puissants de la terre était nouvelle ». Sur la Place Saint-Pierre devant plus de 80 000 personnes, il indiquait également : « Ce fut dans cet esprit qu'il lança le Concile œcuménique Vatican II, avec lequel il ouvrit une nouvelle page de l'histoire de l'Église: les chrétiens se sentirent appelés à annoncer l'Évangile avec un courage renouvelé et une plus grande attention aux "signes" des temps. Le Concile fut véritablement une intuition prophétique de ce Pontife âgé qui inaugura, au milieu de nombreuses difficultés, une saison d'espérance pour les chrétiens et pour l'humanité. »

Et vous, qu'en pensez-vous?

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Liens d'intérêts :

Dans notre section 'Nouvelles publications', le livre de Mgr Paul-Émile Charbonneau, seul père conciliaire canadien encore vivant

Un même souffle de vie - Les Béatitudes de Jésus Le concile Vatican II
http://www.diocesemontreal.org/publications/livres-nouvelles-parutions.html

Discours d'ouverture du Concile (en italien seulement)
http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/speeches/1962/documents/hf_j-xxiii_spe_19621011_opening-council_it.html 

Blogue sur les 50 ans du Concile
http://vatican2-50ans.fr/

Gilles Routhier, spécialiste québécois du Concile
http://www.ftsr.ulaval.ca/faculte/fiche-personnelle.aspx?person_id=130 

Anecdotique : le pape Jean sort de Rome!
http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Rome/Quand-Jean-XXIII-a-pris-le-train-_NG_-2012-10-04-860825

Déclin du christianisme : une chance?
http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/10/02/vous-avez-dit-nouvelle-evangelisation.html

Commentaire


Commentaire de Jacques Larose | 2013-01-03

Étudiant à Rome durant les années conciliaires, je peut vous affirmer qu'à mon retour au Québec en 1967 j'ai été ébahi d'entendre les réactions de plusieurs qui tout en se réclamant du Concile rejetait tout le passé en prétendant faire du neuf extraordinaire: "À vin nouveau, outre neuve" ... !! Tout ça pour vous dire que le vrai renouveau n'est pas affaire de sentiments mais d'humbles efforts, accomplis en église, et laissés à la postérité par des documents qui méritent d'être lus et compris. Vivre l'Esprit Saint qui anime son Église par des moyens tout aussi humbles que les travaux des Pères conciliaires !

Commentaire de André G. Vallerand | 2013-06-13

Dans l'Esprit de VAT.II je suis allé rencontrer JESUS dans les récits de sa vie et de ses actions dans la bible. De catho.romain que j'étais, je suis devenu foncièrement Chrétien avant tout. Depuis quelques années, je déplorais que les gestes de J.P.II et Benoit XVI ne correspondaient pas souvent avec leur paroles louangeant VAT.II Mon ESPERANCE est revenue avec l'arrivée du nouvel évêque de Rome, François, comme il se définit lui-même. J'espère que la CURIE ne réussira pas à entraver son désir de RÉFORMATION et qu'il pourra donner suite à ce que disaient déjà le cardinal Martini 2 mois avant sa mort: L'ÉGLISE A 200 ANS DE RETARD À COMBLER, ainsi que le théologien Comblin d'amérique du sud, exigeant un retour à la bible...ce qu'a aussi affirmé l'évêque Bergoglio.

Commentaire de Charles Apestéguy | 2015-04-19

Depuis Vatican II, au Québec, on ne peut constater que du positif: nos églises sont plus vivantes avec de nombreux fidèles, nos religieuses sont de plus en plus nombreuses et nos séminaires débordent de vocations. Les liturgies de nos paroisses sont très belles et priantes. Ce n'est que du positif. Dans 20 ans nous aurons une Église encore plus vivante. Oui, Vatican II c'est du solide.
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