Attendez-vous l’autobus?

Qui n’a jamais trépigné d’impatience à un arrêt d’autobus, sous la pluie, la neige ou par grand froid? Il est en retard, grogne-t-on. Quand il arrive enfin, on s’y engouffre, soulagé. Les jeunes itinérants, eux, attendent impatiemment un tout autre type de bus...

Dans un périmètre bien déterminé au cœur de la ville de Montréal, des personnes attendent un autre genre d’autobus, cinq jours par semaine, entre 20 h et les petites heures du matin, sous n’importe quel climat. Les jours de pluie, l’attente est plus difficile. L’arrivée de la roulotte Dans la rue* – car en fait c’est une roulotte, aussi imposante qu’un autobus – est un événement, un clin d’œil d’espoir.

Ici, des centaines de gens piétinent parce qu’ils sont transis par le froid, par la pluie. Les jeunes de moins de vingt-cinq ans pourront monter dans la roulotte pour manger des hot-dogs, boire un café, un thé ou un chocolat chaud. Ils pourront aussi se trouver des vêtements moins troués et plus confortables, qu’ils choisiront dans l’armoire qu’une bénévole ouvrira pour ce bonheur d’occasion, ce chandail ou cette veste dont quelqu’un ne voulait plus.

Les chiens attraperont au vol ou lècheront sur le plancher les miettes qu’ils trouveront. Souvent, leurs maîtres ressortiront de la roulotte avec de la nourriture sèche pour leur animal et, dans un sac de plastique, quelques victuailles pour eux-mêmes.

Est-ce un choix?

Des bénévoles de tous les milieux sont à leur service, le temps d’un arrêt. Pour certains passagers de quelques minutes, ce sera la seule conversation de la journée, parfois de la semaine avec quelqu’un.

Des gens vivent dans la rue, certains par choix, d’autres à cause des aléas de la vie. Des gens sains côtoient des gens affectés psychologiquement.

Les plus vieux mangeront à l’extérieur de la roulotte; on leur servira également des hot-dogs et des boissons chaudes.

*Fondé en 1988, Le Bon Dieu dans la rue, selon son appellation d’origine, fête en 2013 son 25e anniversaire. Cette année marque également le 85e anniversaire de naissance de son fondateur, le père Emmet Johns « Pops », né un 3 avril sur le Plateau Mont-Royal à Montréal.

Référence : L’auteur, Danièle Miny, a passé deux heures dans cette roulotte en 2009. Le texte rédigé ici est basé sur un document qu’elle avait réalisé à l’intérieur de la revue des Missionnaires oblats, Apostolat international. Les faits sont toujours d’actualité.

 

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Quelle est la somme de 8 et 2?*

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