In memoriam
Pépin Paul Abbé (1915-2011)
2011-02-12
Paul Pepin est né à Sainte-Rose de Laval, le 23 août 1915. Il fait ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérèse et sa formation théologique au Grand Séminaire de Montréal et au Scolasticat des Oblats à Sainte-Agathe. Le 13 juin 1943, il est ordonné prêtre à sa paroisse et il est nommé professeur au Collège de Montréal. En 1948, il est étudiant en Pédagogie à l'Université de Montréal, pour exercer quatre ans plus tard la direction pédagogique chez les Buissonnets. En 1953, il est nommé Visiteur ecclésiastique à la CECM et, par la suite, aumônier d'écoles, durant quatre ans. En 1960, le Cardinal Paul-Émile Léger l'oriente en pastorale paroissiale à Notre-Dame-de-la-Paix et, deux ans plus tard, il le nomme curé fondateur de la paroisse Saint-Fabien, où il oeuvre dix-huit ans. Sans préjudice de sa tâche de pasteur, il assume l'animation spirituelle de l'Assemblée des Principaux des écoles de l'est de Montréal. En 1980, l'abbé Pepin est nommé directeur diocésain de l'Oeuvre Saint-Pierre-Apôtre et, en 1986, Secrétaire exécutif de la Fondation du Grand Séminaire. En 1996, il accepte d'être animateur de l'Apostolat mondial de Fatima. Enfin, après avoir habité la résidence du Grand Séminaire et renoncé à toutes ses responsabilités pastorales, il se retire, en 2002, à la Résidence Ignace-Bourget, où il décède samedi, le 12 février 2011.
L’abbé Pépin était membre de la Société d’une Messe.
Funérailles à la paroisse de la Visitation, jeudi le 17 février 2011 présidées par Mgr Jude Saint-Antoine.
Homélie de Mgr Saint-Antoine :
Au jour de son baptême, le chrétien est plongé dans la mort du Christ et renaît dans sa résurrection pour la vie éternelle. Tout au long de sa vie, il est invité à fixer son regard sur Dieu, qui est le tout de sa vie et sa béatitude. La vie théologale se déploie en lui et s'épanouit par la foi, l'espérance et la charité.
Par la foi, le chrétien vit de la Parole de Dieu qui lui découvre la réalité de l'au-delà capable d'envahir son présent et d'inspirer ses actions. Devant la mort, face au néant et au désespoir, il croit à la Vie et à la vie éternelle. Cette certitude de la foi le conduit à espérer contre toute espérance et à s'abandonner à la promesse de Dieu, confiant de le rencontrer dans le Christ.
Uni au Christ, le chrétien lui confie toute sa vie pour l'éternité. Dans la mort, la charité trouve enfin son achèvement. Au delà de ses faiblesses et de ses tergiversations, il est invité à dire à Dieu un grand « oui » et à s'offrir au Père dans l'offrande du Christ: « Seigneur, en tes mains, je remets mon esprit ». La foi, l'espérance et la charité pénètrent ainsi notre mort et elle devient, avec celle du Christ, victoire pour la vie éternelle ( 1 ).
Paul Pepin, tout au long de ses quatre-vingt-quinze ans, jusques dans la mort, a vécu de la vie théologale déposée en lui au jour de son baptême. À travers ce qu'il était, un homme et un prêtre, avec ses limites et ses dons, il a orienté toute sa vie sur Dieu rencontré dans la personne du Christ et de sa Parole. Tentons d'en découvrir les jalons.
C'est tout au long de ce parcours que l'abbé Paul Pepin a pris le temps de s'unir à son Seigneur dans la prière mais aussi dans le travail, à travers chacune de ses tâches pastorales qui ont été variées et nombreuses. Je souligne particulièrement la responsabilité confiée par l'Évêque de fonder une paroisse et de bâtir une église et un presbytère. C'est toujours un défit de répondre à un tel appel: tout mettre en oeuvre, avec la participation des laïcs, pour trouver un terrain, choisir un architecte et un contracteur, surveiller les travaux, passer des heures et des soirées à finaliser le projet, motiver les paroissiens, lancer des activités pour recueillir les sommes nécessaires. Que d'énergies dépensées pour arriver à un résultat tangible, non seulement d'entrer dans un beau temple mais aussi de bâtir une communauté vivante. C'est ce à quoi s'est dépensé le curé de Saint-Fabien durant dix-huit ans, des années qui pèsent lourdement dans la vie d'un homme et qui expliquent son départ de la paroisse en 1980. Mgr Paul Grégoire reconnaît ce dévouement et l'usure de la santé du pasteur qui profite d'un ressourcement de quelques mois à Rome.
Toutes ces années, le prêtre les a vécues en compagnie de son Seigneur, particulièrement dans la fidélité à la prière de l'Église célébrée tous les jours, où il portait à Dieu les intentions des personnes rencontrées dans son ministère. Ce qui unifiait toute sa vie, c'était son Eucharistie quotidienne, un moment privilégié où ses paroissiens ont souvent été impressionnés par la ferveur du prêtre, concentré sur le mystère du Christ dans sa mort et sa résurrection. Cette ferveur émanait de sa vie de foi et de la conscience de son identité reliée à ses gestes et ses paroles, dans l'exercice de son sacerdoce ministériel. Aussi a-t-on retenu l'ardeur et la conviction qui animaient le pasteur dans chacune de ses homélies dominicales. Cette vie intérieure du prêtre se traduisait également dans son comportement toujours correct et dans des attitudes de bonté et d'écoute.
Jeune collégien, Paul manifeste le désir d'être missionnaire, un désir qui ne peut être poursuivi pour des raisons de santé. Mais au coeur de son ministère, particulièrement à sa paroisse, il met sur pied des projets d'aide missionnaire et de coopération avec le pays d'Haïti. A la fin de sa vie, ce rêve se traduit par un appel à coopérer à la création d'équipes missionnaires dans le diocèse et à l'animation de l'Oeuvre de Saint-Pierre-Apôtre. Mais cette sensibilité à la formation des séminaristes en pays étrangers le presse à soutenir les jeunes d'ici qui veulent devenir prêtres. Aussi accepte-t-il la fonction de secrétaire de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal.
Toutes ces années de dévouement au service de l'Église manifestent bien la vie ardente de ce prêtre, une vie théologale centrée sur Dieu, une vie qui s'épanouit dans la foi au Christ et à sa Parole, une vie soutenue par la ferme espérance à ses promesses, une vie brûlante de charité alimentée par l'Eucharistie. Aussi M. l'abbé Pepin a-t-il pu conserver la sérénité et, jusqu'à la fin, dans les mois de maladie et d'attente de son Seigneur, la paix du bon serviteur conscient de sa fragilité mais aussi de la miséricorde de Dieu. AMEN!
( 1 ) René Latourelle, La Mort, Dictionnaire de Théologie Fondamentale. Bellarmin-Cerf, Paris, 1992.




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