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La Saint-Jean Le dimanche 22 juin 2008 Nous nous apprêtons de nouveau à célébrer la Saint-Jean. Les préparatifs vont bon train. Cette année encore, la parade, les spectacles, les fêtes de quartier vont marquer la joie de vivre ici. Au cours des années, la célébration de la Saint-Jean a bien changé. On ne fête plus la Saint-Jean comme avant, avec le petit saint Jean-Baptiste, blond et frisé, comme personnage principal de la parade. L’évolution de notre société et l’arrivée importante d’immigrants a changé la donne. La Saint-Jean a fait place à une grande participation de gens à des activités diverses. Elle est devenue aussi pour les nouveaux arrivants une occasion privilégiée d’intégration à la vie d’ici. D’expériences en expériences, on a senti que c’était avant tout dans son quartier, dans sa rue que la fête devait se dérouler, en rassemblant toutes les personnes que souvent, nous ne faisons que côtoyer, sans plus, dans le quotidien. Comme tout événement rassembleur, la Saint-Jean faisait découvrir que c’est en créant des liens de voisinage, des liens de partage, des liens de célébration, que la rue et le quartier s’animaient et prenaient un visage plus humain, plus fraternel. La fête devenait ainsi l’expression d’une appartenance commune et elle faisait passer du vivre les uns à coté des autres au vivre ensemble. Tout cela n’enlevait rien aux manifestations de masse, comme la parade ou les grands spectacles. Ces événements permettent à un plus grand public ou à un autre public de se rassembler et d’exprimer son appartenance commune. Avec ces petites et ces grandes célébrations, la Saint-Jean était maintenant une fête aux multiples visages. Un de ces visages est la célébration de la messe de la Saint-Jean que je présiderai à nouveau en l’église Saint-Jean-Baptiste sur le Plateau Mont-Royal, le 24 juin à 10 heures. Cette célébration est une tradition qui témoigne des origines chrétiennes de la fête ainsi que de la présence du christianisme dans l’histoire passée et présente de notre nation. Cette célébration religieuse qui accueille beaucoup de nouveaux Québécois et Québécoises vient aussi rappeler la place de la religion dans l’espace public. À l’occasion de la Commission Bouchard Taylor, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec a présenté un mémoire dans lequel elle affirmait que « l’adhésion plus ou moins profonde à une religion est une partie intégrante de l’identité d’une majorité de Québécois, qu’ils soient de venue récente ou nés ici. Il n’est pas surprenant qu’un grand nombre d’entre eux souhaitent afficher leur appartenance religieuse sur la place publique. Il s’agit là d’ailleurs d’un droit qui leur est reconnu en particulier par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Refuser ce droit au nom d’une laïcité stricte ou radicale serait manifestement un recul pour une société de droit. La religion se vit en société, en communauté. Si on la relègue à la sphère du privé, on favorise le repli sur soi et la montée de l’intégrisme. » La fête de la Saint-Jean est à notre image. Il serait regrettable de la réduire qu’à un aspect de notre vie collective. Au contraire, elle nous invite à traduire pour aujourd’hui, les valeurs de notre passé et les richesses de notre patrimoine, et à composer avec un environnement social nouveau pour continuer à exprimer ce que nous sommes. Je souhaite une joyeuse fête de la Saint-Jean à toutes et à tous et je vous invite à vous joindre à moi pour la messe de la Saint-Jean. |
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