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VISITATION dans les régions VISITATION TALK mars 2007 Chers amis-es,
Nous venons de visionner le bilan de la région. C’est un portrait saisissant avec du positif et du négatif. Comme il s’agit d’un bilan pastoral, il comporte des succès, des demi-succès, et même des échecs. Quand on vise un idéal, il y a du tout beau, mais quand on regarde le réel, il y a aussi du pas tout beau. Nous le savons et nous le disons souvent, nous vivons des années difficiles, des années exigeantes. Un peu comme les disciples d’Emmaüs, dont nous entendons l’histoire, nous avons vécu des heures emballantes mais nous avons aussi été déçus. C’est pourquoi nous nous reconnaissons en eux.
Ils avaient tout misé sur Jésus. Ils pensaient qu’avec lui, il y aurait une petite révolution, que les romains seraient mis à la porte, que tout cela serait pour bientôt. «Nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël» (Luc 24,11) Leur déception a été grande … la nôtre aussi peut-être! Il nous reste toujours beaucoup à faire … et ce beaucoup est au-delà de nos forces. Avec les années qui passent, on en est de plus en plus conscient.
I MON BILAN D’ÉVÊQUE
Durant cette « Visitation », j’ai pensé vous parler de ce qui m’habite depuis que je suis votre pasteur, de vous dire où j’en suis maintenant... car je me reconnais pas mal dans les disciples d’Emmaüs. Je suis prêtre depuis bientôt 48 ans, évêque depuis 25 ans et votre pasteur depuis 17 ans. Dès mon sacerdoce, j’ai choisi avec mes confrères de classe une belle devise : «Servir le Seigneur dans la joie» (Ps 99,2). Elle m’inspire toujours. Elle m’a accompagnée dans beaucoup d’heures heureuses de ma vie, mais elle ne m’a pas empêché de connaître des heures difficiles. Pour bien faire mes devoirs et ne pas mériter le reproche de Cléophas à l’étranger rencontré sur la route : «Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui est arrivé ces jours-ci», j’ai repassé toutes les revues diocésaines depuis 1990, c’est plus de 18,000 pages de texte. De cette lecture fort enrichissante, j’ai retenu 3 moments forts de ma responsabilité épiscopale qui résume bien ce que nous avons vécu et la direction que j’ai tenté d’inspirer à notre Église.
A. Le premier octobre 1991
Après les mois intenses qui ont suivi ma nomination, en plein milieu de l’année pastorale 1990, j’avais pris le temps de préparer un programme qui tracerait une orientation pour notre Église. C’est donc le 1er octobre 1991 que tous les prêtres, les diacres, les agentes et agents de pastorale avaient été invités à une rencontre qui s’est tenue au sous-sol de l’église Notre-Dame-du-Rosaire. Nous étions plus de mille personnes. Nous avons lancé le projet intitulé «Pour une Église fraternelle et communautaire». Nous ne voulions pas faire une Église repliée sur elle-même, mais une Église ouverte sur le monde, évangélisatrice. Un beau projet … un beau rêve. Nous le portons encore, il ne doit pas mourir. J’avais dit alors : «l’Église nous est remise comme un projet, comme un chantier toujours inachevé et à parfaire … en vue d’annoncer Jésus et son message au monde qui nous entoure». Je le pense toujours. Nous sommes en chantier plus que jamais. Je ne sais pas quand nous cesserons de l’être. Le temps d’une Église qui ne bouge pas, ne se renouvelle pas, c’est fini!
Nous sommes en reconstruction. Ce que nous vivons présentement, ce n’est pas simplement une décroissance, mais c’est la mise en place d’une nouvelle Église. Ce sera toujours l’Église de Jésus mais ajustée aux attentes et aux besoins profonds des hommes et des femmes d’aujourd’hui. J’avais dit aussi : «Nous sommes plusieurs à travailler à ce projet et nous devons le faire solidairement, ce qui veut dire travailler ensemble et nous faire confiance les uns les autres». Je le pense toujours : j’ai repris ce même message dans mes tournées des régions à Noël dernier. J’avais fixé 3 objectifs particuliers à atteindre : 1- Que chaque communauté (paroissiale ou autre) devienne le lieu d’une authentique fraternité, un milieu d’appartenance valorisant où chacun peut-être connu et reconnu. Il reste pas mal de boulot à faire en ce domaine. Nous avons regroupé plusieurs paroisses ensemble… Sont-elles devenues plus fraternelle? La tentation est de relever le défi en devenant de bons administrateurs plutôt que d’excellents animateurs de fraternités ecclésiales. 2- Que chaque communauté travaille en équipe. J’y voyais un moyen indispensable pour assumer collectivement les lourdes responsabilités qui sont les nôtres. Que d’exhortations nous avons fait pour la mise en place du conseil de pastorale! La tentation qui nous guette est de travailler seul. Je suis conscient de tout qui se met à tirailler quand on se met à travailler à plusieurs. Quand on y parvient, on devient tellement plus forts, tellement plus efficaces! Jésus a fait équipe avec les douze. Pas tous commodes. Il leur a fait confiance et leur a confié de lourdes responsabilités. Il leur a dit : «Quand vous êtes 2 ou 3 réunis en mon nom, je suis au milieu de vous» (Mtt.18,20) C’est vrai pour la prière, c’est aussi vrai pour le travail. 3- Que chaque communauté vise à devenir une communauté missionnaire. Pas de vraie communauté chrétienne qui ne soit missionnaire. En 1991, nous ressentions très fort le besoin de sortir de l’Église-bâtiment pour construire l’Église-corps du Christ pour le monde. C’est toujours aussi nécessaire. La tentation qui nous guette c’est de se trouver bien ensemble, d’avoir peur des nouveaux, d’être dérangé par ceux qui ne pensent pas comme nous, qui ne prient pas comme nous, qui sont différents. Ce soir-là, j’avais conclu mon intervention en disant : «l’Église fraternelle, communautaire et missionnaire apparaît comme une condition essentielle de la nouvelle Évangélisation dont notre monde a besoin. C’est une question d’authenticité et aussi une question de crédibilité». (Église de Montréal, 10 octobre 1991, page 927.) Je le pense encore aujourd’hui.
B. Notre Synode (1995-1999)
Le second moment retenu, vous n’en serez pas surpris, c’est notre Synode diocésain. Après des mois de préparation par une équipe dévouée, nous avons lancé le Synode, le 19 septembre 1995, à l’aréna Maurice Richard, devant plusieurs milliers de personnes. Il se termina officiellement, à la Cathédrale, le 28 avril 1999, par le lancement des «orientations post-synodales.» Quatre années de travail intense, quatre années de prise de parole, quatre années de gros espoirs, dont on se souvient encore. Nous avions pris comme thème : «Le temps des changements … Mille et un visages, une Église». Pendant le Synode, nous avons mis les cartes sur la table, nous avons pris conscience une fois de plus des immenses défis que nous avions à relever. Il a été vécu par des personnes enthousiastes. Je ne suis pas certain que le même enthousiasme existe toujours. Plusieurs ont vu leurs espoirs déçus, en certains domaines en tout cas. Cléophas et son compagnon avaient tourné le dos à Jérusalem. Combien parmi nous ont baissé les bras? C’est pour moi une grande tristesse quand je vois que l’un ou l’autre d’entre nous a baissé les bras et a tourné le dos à Jérusalem. Tout de suite après la promulgation des orientations, nous avons préparé un plan d’action pastoral que nous vous présentions à l’automne 1999 dans une tournée des régions : le plan comportait quatre priorités pastorales que je vous rappelle. 1- La transmission de l’héritage chrétien aux jeunes générations et l’éducation de la foi des adultes à tous les âges de la vie dans le contexte d’une nouvelle évangélisation; 2- L’animation des communautés paroissiales en vue de la réalisation de la mission évangélique; plus concrètement les aménagements pastoraux et la mise-en-place des unités pastorales; 3- La présence et l’engagement de l’Église au service du monde d’aujourd’hui : support aux familles, promotion de la justice, regroupement des jeunes, soutien aux communautés culturelles, pastorales de la santé, etc. (la lecture des revues diocésaines est fort enrichissante sur tout ce qui a été fait et expérimenté en ces domaines); 4- Enfin la promotion des vocations, particulièrement sacerdotales et religieuses, au service de l’Église qui est à Montréal. Un plan ambitieux et adapté que nous n’avons pas encore pleinement réalisé. Nous avons mis l’accent sur les deux premières priorités. Il est impossible de tout mener de front et c’est une limite qui nous fait souffrir.
C. Proposer aujourd’hui Jésus Christ, une voie de liberté et de responsabilité (31 mai 2003)
J’ai retenu comme 3e moment significatif, le lancement de notre projet actuel «Proposer aujourd’hui Jésus Christ». C’est le 31 mai 2003, en la fête patronale du diocèse, que nous lancions ce programme pastoral à la Cathédrale. Rappelons, qu’entre temps, les lois 118 et 95 changeaient le paysage scolaire en rendant les écoles non confessionnelles. Le programme d’enseignement moral et religieux confessionnel disparaît à l’automne 2008. Il sera remplacé par un programme d’enseignement de toutes les religions, dont on ne connaît pas encore le contenu. Nous avons dû nous lancer dans une grande aventure que nous sommes en train de vivre présentement. Toutes les communautés se sont engagées dans la préparation avec les parents, avec des catéchètes, des jeunes aux sacrements de l’initiation chrétienne. Des expériences ont lieu avec des adolescents, des jeunes adultes et même des aînés pour continuer l’éducation de la foi à tous les âges de la vie. Les bilans des régions sont fort révélateurs à ce sujet. Dans le livret, nous écrivions : «D’ici juin 2008, chaque communauté chrétienne ou regroupement de communautés aura développé chez elle une dynamique de catéchèse de cheminement, s’inspirant de la démarche du catéchuménat baptismal des adultes. Pour ce faire, dès l’automne 2004, la préparation aux sacrements de l’initiation, en particulier pour les enfants et les jeunes, s’inscrira dans une démarche globale d’initiation à la vie chrétienne. Progressivement on passera aussi d’une catéchèse essentiellement pour enfants à une catéchèse pour tous». Proposer aujourd’hui Jésus Christ, page 29. Est-ce que nous saurons relever ce défi? Je l’espère. Y réussirons-nous autant que nous l’aimerions? Je l’espère aussi. Sans doute qu’il y aura encore du travail à faire … ce qui importe, c’est de ne pas baisser les bras.
II L’HEURE D’EMMAÜS
Devant le bilan de ce que nous avons vécu, que ce soit au plan régional ou au plan diocésain, nous nous sentons en affinité avec les disciples d’Emmaüs. Personnellement je me sens beaucoup plus à l’aise dans leur rôle que dans celui du Christ. Ce soir, je voudrais vous avouer qu’il m’est arrivé d’avoir eu la tentation de baisser les bras, de tourner le dos à Jérusalem, comme Cléophas et son ami. C’est le cardinal Newman, un grand théologien anglais, qui recommandait aux prêtres de se communiquer «les secrets de leur cœur», s’ils voulaient vraiment parvenir à rejoindre le cœur de leurs fidèles. Devant le bilan que nous avons tracé, vous vous doutez bien qu’il y en a beaucoup de joies, mais aussi beaucoup de tristesses et de désillusions.
Laissez-moi vous en confier une. Quand j’ai accepté la charge du diocèse, j’ai dû songer très vite à remplacer des hommes-clés dans l’organisation diocésaine. Plusieurs d’entre eux avaient accompagné le cardinal Grégoire jusqu’à sa démission et désiraient changer de travail après son départ : ce que je comprenais fort bien. Aussi un de mes premiers gestes fut de lancer une grande consultation auprès des prêtres, des diacres, des agentes et agents de pastorale pour me suggérer des noms de gens susceptibles de prendre de grandes responsabilités dans le diocèse. Deux noms émergeaient de façon fort significative de cette consultation. Mgr Robert Beaupré et Mgr Neil Willard. Comme j’étais tout-à-fait d’accord avec ces suggestions, je n’ai eu aucune difficulté à leur confier les responsabilités les plus importantes. Le Seigneur avait ses vues qui n’était certainement pas les miennes. Ces deux collaborateurs sont morts très tôt, l’un à 57 ans, l’autre à 58 ans. Je ne vous ferai pas part de mes prières, en cette période difficile … ce fut assez orageux. Aussi je dois reconnaître que j’ai mieux compris la tentation des disciples d’Emmaüs; non pas de tout quitter, mais peut-être de baisser les bras et de laisser la tâche à d’autres. Cléophas et son compagnon ont raconté à l’Étranger la réalité qu’ils avaient vécue. Jésus n’a pas cherché à masquer cette réalité. Il a simplement projeté sur cette réalité pénible un nouveau regard. Grâce à l’Écriture, il a éclairé leur épreuve d’une nouvelle lumière. Petit à petit, leurs cœurs se sont réchauffés, nous dit le texte, puis au moment de la fraction du pain, ils l’ont reconnu. L’histoire finit bien puisqu’ils sont retournés à Jérusalem, ont retrouvé leur enthousiasme et sont redevenus des disciples actifs. Je vous avoue avoir fait comme eux; grâce à l’Écriture, j’ai essayé de retrouver le regard de Jésus, de projeter la lumière de la Parole sur les difficultés que j’ai pu rencontrer. J’aimerais vous partager quelques textes qui m’ont toujours aidé aux heures difficiles. (Faites vous-même cette expérience, vous en découvrirez le bienfait).
«Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort» 2 Cor.12,10 - «Je ne suis pas seul, le Père est avec moi» Jean 16,33 - «Ayez confiance, je suis vainqueur du monde» Jean 16,33 - «Je serai avec vous, jusqu’à la fin des temps» Matthieu 28,20 - Un récit m’inspire beaucoup, celui de la pêche miraculeuse en Luc 5. - «Nous avons travaillé toute la nuit», disait les apôtres : «Jetez les filets». «Nous avons pêché toute la nuit, nous n’avons rien pris … Jetez vos filets». Vous connaissez la suite du récit et la merveilleuse pêche qu’ils ont faite. Le récit du semeur en St-Marc, chapitre 4 est aussi très parlant. La semence qui tombe au bord du chemin, dans un sol terreux, dans les épines, et qui se perd. Celle qui tombe dans la bonne terre et qui donne du cent pour un. Le message d’Emmaüs traverse le temps. Il nous rappelle qu’aux jours difficiles et au cœur de l’épreuve, il y a l’espérance. Il nous rappelle que notre vie et celle de l’Église doivent être relues à la lumière de la Parole du Christ qui nous apporte un nouveau point de vue, un autre regard, celui de Dieu : «N’avez-vous pas compris! Comme votre cœur est lent à croire ce qu’ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela pour entrer dans sa Gloire». (Mc 24,25-26) Il nous est difficile de comprendre, que le serviteur n’est pas plus grand que le Maître, que le chemin qui mène à la lumière est étroit, que la fécondité de ce que Jésus a semé et de ce que nous semons germe à travers la croix. L’Église rajeunie que nous avons à construire, nous devons y croire toujours. Elle ressemblera à celle des premiers disciples. Une Église de petites gens, une Église fraternelle où chacun est connu et reconnu. Une Église où chacun sait qu’il a besoin des autres, où chacun fait confiance aux autres. Une Église soucieuse des pauvres, des délaissés, des malheureux, une Église humble et au service de tous. Une Église qui n’a de puissance que celle de l’amour, de la vérité et du pardon. Une Église dont les membres ne sont pas aussi nombreux qu’autrefois, mais où les membres sont convaincus. Une Église qui est lumière, qui n’impose rien mais propose à tous le bonheur des béatitudes. Une Église humainement démunie mais forte de la présence de son Seigneur au milieu d’elle. Une Église qui se ressource sans cesse autour de la table où elle reçoit le pain et le vin.
Je termine par cette prière de l’Office divin que nous disons le vendredi de la première semaine : Seigneur, tu demandes à ton Église d’être le lieu où l’Évangile est annoncé en contradiction avec l’esprit du monde: Donne à tes enfants assez de foi pour ne pas déserter mais témoigner de toi devant les hommes en prenant appui sur ta Parole. AMEN + Jean-Claude Cardinal Turcotte Dear Friends,
Thank you for coming this evening to a gathering that wants to be a source of encouragement and renewed enthusiasm for the mission of our diocesan Church. I have desired to be with you tonight, to review with you the life of the English pastoral region so that we can take stock of where we are on our journey of faith. To do such a review, it seemed appropriate to use the Gospel, and particularly the story and the experience of the disciples on the road to Emmaus.
To take stock is to face reality and this is always very demanding. In fact whenever we take time to review an annual report or financial statement, we always have to face both positive and negative results. We look for the triumphs and the accomplishments, the near successes, and naturally we cannot avoid the non-successes. When we review our pastoral life, the challenges before us always seem greater than our abilities to attain them. This makes us see that there is a difference between our ideals and our realities. We would love of course, to see Jesus Christ proclaimed, known and loved everywhere, but we know that such a goal is not for tomorrow! The Gospel is for everyone, we believe; but it takes time. And yes, we dream of a Church that will be seen as authentic, that will be judged positively for what she does, but once again, the dream may not happen as we imagine or wish.
I’ve said it before, and I am sure you would agree - we are living in difficult times. So it is not surprising that when we re-read the story of the disciples on the road to Emmaus, it speaks to us! Why? Because there is a little of that story in all of us.
The disciples had placed all their trust in Jesus. They thought that He was the leader who would get rid of the Romans and that their little revolution would quickly bring them a new found freedom. This is what Saint Luke suggests when he writes…"we had hoped that He was the one to redeem Israel". (Luke 34:21) But when they saw Christ die on the Cross, their hopes and expectations were lost. As we review our dreams and hopes for the Church, we too can be disappointed. We work hard to do so much, there are so many obstacles to overcome, and at times it all seems beyond our reach. As the years go by, and I get older the task appears ever so great. I have been a bishop for 25 years, and the Archbishop of Montreal since 1990, that’s 17 years as your bishop. When I became a bishop I chose a motto – 'To serve the Lord with joy.' My motto has been an inspiration for me, but it has not spared me from experiencing difficult moments. In this pastoral visit, I want to speak to you about my experiences as a bishop, and I want to share with you, where I am now, at the present time. To do this, I too took time to take stock and to review what has happened in our diocese these past years. I decided to go back over the diocesan publications l’Église de Montréal and Vivre en Église since 1990. I reviewed more than 18,000 pages and from all of this re-reading, I have chosen 3 significant moments of my Episcopal ministry which highlight well, the direction and drive that has marked our diocesan Church.
A- The first moment was October first, 1991
In 1991, just a short time after being appointed Archbishop, I put forth a project entitled, 'Toward a Fraternal and Communal Church'. This was a little like my throne speech. It was centered on where we hoped to go. We imagined a Church no longer turned in on herself, but open to the world, a Church that wanted to evangelize the world. It was a fine project – a nice dream! And we are still working at it!
On October 1, 1991, all the priests, deacons, and pastoral agents of the diocese were invited to gather at Notre-Dame-du-Rosaire church. It’s a large church, with a big basement, and it was filled; we were close to 1,500 people that night! I said then… "The Church is given to us as a project that needs to be completed; it is a work that always needs to be improved in order to better proclaim, Jesus Christ and His message, to the world in which we live." What I said then, is still true today! We are working harder than we ever did, and the Church of Christ remains 'a work in progress'.
The Gospel of Mark tells us "…no one puts new wine into old wineskins, otherwise the wine will burst the skins, and the wine is lost, and so are the skins; but one puts new wine into fresh wineskins." (Mark 2: 22) What this tells me is that for a new millennium, we need a new Church! We are in a process of reconstruction. This is what we are engaged in right now. We are not downsizing the Church; we are building a new Church. Of course, what we are working on is the Church of Jesus Christ, but we are adjusting it to the times and needs of the men and women of today.
On October 1, 1991, I also said:
We are many working on this project, which means that we must work together, and have confidence in one another. I still believe this. I know that we have made progress in this area, but there remains much to be done in the area of collaborative ministry. That night in 1991, I identified three specific objectives. I proposed that:
1- Each parish community should become a place of authentic fraternity, with a strong sense of belonging; where each person could hope to be known and recognized. We have a long way to go on this matter, and our changed context today makes this an even greater challenge because now we have to re-group parishes. The temptation is to forget people and think as administrators, when actually what we need are excellent animators and builders of ecclesial communities.
2- The second objective was to develop a team approach to pastoral ministry. This team approach was especially promoted and greatly insisted upon by our efforts to establish parish pastoral councils. I saw teamwork as essential to our task. Sometimes our temptation is to work alone, but when we work together, we can be so much stronger and so much more effective. Jesus Himself makes this clear because He chose to work with a team, His Twelve apostles, as well as many dedicated disciples. It was not easy. The friends of Jesus were not all experts or great leaders. Nevertheless, He entrusted them with important responsibilities, and thanks to the Holy Spirit, it worked. We know that Jesus once said, "where two or three gather in My name, I am there among them." Usually we think this is about prayer, but it also applies to work. When we work together in the Name of Christ, Christ is with us, and His Spirit sustains us!
3- The third objective that we aimed for in 1991 was to become a missionary Church. In 1991, we felt the need very strongly, to leave behind a Church centered on buildings, in order to give life to the Church as the Body of Christ in the world. This mission was essential in 1991, and in 2007 it is still essential! In fact, it is even more necessary today that it ever was. As I look back over our efforts, I realize with some sadness, that it is hard to become like Saint Paul….to become men and women uplifted by the Spirit, with hearts on fire like those who experienced the first Pentecost. Yet this is the passion that is needed if the Church is to experience a new Pentecost. That night, I stated: A fraternal, communal and missionary Church is at the heart of the new evangelization, of our world. This is not just a matter of authenticity, but of credibility. This evening, 17 years later, these words still apply.
2- The second significant moment in my ministry was our diocesan Synod.
The diocesan Synod was launched on September 19, 1995 at the Maurice Richard Arena. There were thousands of people there. It ended on April 28, 1999 at the Cathedral, with the presentation of the Post Synod Pastoral Orientations. The Synod involved lots of people; it was a major experience! It took 4 years of work. It was 4 years of people expressing themselves. It was 4 years of great expectations and hopes.
I was proud of what we accomplished and we tried to capture the spirit of the Synod in the title of the pastoral orientations, 'A time of change….a thousand and one faces….one Church! What the Synod surfaced was a direct continuation of what we had begun in 1991. However, the Synod was a reality check, and it put our needs before us clearly. It gave us the opportunity to take stock, one more time, of the immense challenges that we had to face. And the people who participated in the process were very enthusiastic. Now 12 years later, I am not certain if that enthusiasm still exits. For too many who worked on the Synod, what they had hoped for and imagined has not been realized, and so, many are disappointed. Many have turned their backs on the Church; they have left it all behind, like the disciples who left Jerusalem to go elsewhere! This for me is a great sadness. Out of the Synod came an action plan which was presented in October of 1999 in each region of the diocese. This plan included four pastoral priorities, which have come to be known as:
1- The transmission of the Christian heritage within the context of a new evangelization. This priority became our major work of faith education which wants to propose Jesus Christ to all age groups from 0-99 years old.
2- The pastoral animation of parish communities, and the more effective use, and possible clustering of our human and material resources for the mission.
3- The presence of the Church in the modern world, by giving support to families, by the promotion of justice, and by the pastoral care for the sick, etc.
4-The promotion of vocations to the priesthood and religious life for service to the diocesan Church. So far, we have done a great deal to put these priorities in place. The first two have taken up more of our time and energy, but we have not forgotten the others.
C- The third significant moment for the life of our diocese was the publication of 'Proposing Jesus Christ Today'.
On May 31, 2003, our diocesan feast day, we published 'Proposing Jesus Christ, the way to freedom and responsibility '. This little booklet was our proposal to the changes in the educational system caused by Bills 118 and 95. The end of confessional schools presented a major challenge for our Church and Proposing Jesus Christ invited us to embark on a new adventure! By June 2008, we will see how far we have come in this catechetical enterprise. In the English speaking parishes, you have accomplished a lot with Faith First. Parishes are being renewed and adults are being reached, while children are being educated in the faith. More is yet to come. Will we accomplish all that we set out to do? Perhaps not all, but I do hope we will get close to the evangelical goal we have set for ourselves.
The Emmaus experience:
It is good for us, this evening to reread Saint Luke’s story of what happened to Cleophas and his companion, because these two disciples are not strangers for us. They are 'us!' This pastoral visit allows us to see ourselves in them, and to feel what they felt. We can relate to their deception, discouragement, and disillusionment. We know what lack of drive and lack of spirit can do to us. But we can, like they did, rediscover the fire of faith and understand anew what the Gospel and Jesus Christ is all about. How can this happen? It will happen if we let ourselves look at reality with new eyes, if we see our experience from the perspective of Jesus Christ. Let me tell you a personal experience. When I became Archbishop, I consulted people about who should be my main collaborators. The result was that I chose Mgr Robert Beaupré and Msgr. Neil Willard as my assistants. But God had other plans! One died at the age of 57, and the other at the age of 58, and I lost two very close friends. If I had acted on my feelings, and on how I saw things at that point, I too would have easily given up. I had to see reality from God’s perspective. It was not easy but faith prevailed.
This is what the Emmaus experience is all about. It is looking at our journey through the eyes of Jesus, just as the disciples of Emmaus did, when Jesus explained the scriptures to them; when their hearts melted from the fire of love they felt when they recognized Jesus in the breaking of the bread. I discovered recently a remark made by Cardinal Newman, who said that in his day, priests were not very trusting towards each other, because they had "ceased to share the secrets of their hearts". Well tonight, I am sharing some of the secrets of my heart – some of my feelings and experiences. But, I also want to share with you some of the significant words of Jesus Christ that have helped me on some of my difficult days as Archbishop. I especially found strength in the words of Saint Paul when he wrote, "For whenever I am weak, then I am strong." (Cor. II 12, 10) The words of Jesus “I am not alone because the Father is with Me." (John 16, 32) reminded me that God’s grace is always there. "Take courage, I have conquered the world." (John 16, 33,) tells me that Jesus Christ is in charge. There is one story from the Gospel which is particularly significant for me, when Jesus says, "Put out into the deep water, and let down your nets for a catch." And the apostles answered…"We have worked all night long". But Jesus said, "Let down your nets for a catch!" Again the apostles tried to explain to Jesus… "Master, we have worked all night long, but have caught nothing." (Luke 5: 5) Yet Jesus insists, and tells them to… "Let down your nets for a catch." We know how the story unfolded; the apostles had to get help to bring in the great catch of fish. That’s what happens when we receive Jesus Christ’s word and trust Him. Even if we are tired and the task is difficult, if Jesus Christ is with us, we can be surprised! The timeless story of the disciples of Emmaus reminds us that, certainly there are difficult days and circumstances to live through, but in the midst of such hardships, there is always hope. It was not surprising that the disciples did not at first, understand all that had taken place to Jesus Christ and to them. They needed help, and the Risen Jesus Christ recognized this when He said: "Oh how foolish you are, and how slow of heart to believe all that the prophets have declared. Was it not necessary that the Messiah should suffer these things and then enter into His glory?" (Luke 24, 25-26) The account of the story of Emmaus ends well. It tells us that Jesus Christ was revealed at the breaking of bread, which is the Eucharist. And when the disciples finally recognized Him, they were able to go back to Jerusalem, rejoin the other disciples and take up the apostolic mission. Their enthusiasm and ardour returned. Their vision had been transformed and everything began again.
I am hoping that this will happen to us as well, and that we will find ourselves reformed and renewed by our faith in the Risen Christ. Only in this way can we rebuild a Church. A Church of ordinary people - A Church which is fraternal, where each and every member will be known and recognized - A Church where we acknowledge that we need each other - A Church marked by confidence and trust - A Church where the poor and disadvantaged are not forgotten - A Church which is humble and where its greatest strength is love, truth and forgiveness. This kind of Church may not be what some people want; it may not be the largest or the powerful institution of the past, but it will be a Church made up of faith-filled people.
Madeleine Delbrel a French author and mystic, once said, that when it comes to the Gospel, the problem is not, that there may only be a few committed to it, the problem instead is when the few become immobilized and unable to proclaim it. So let us not become paralyzed, let us continue our journey and work towards a renewed and re-energized Church, like the Church of the first disciples. May this renewed Church be like yeast and salt and light, and may it transform the world. May our Church be a Church which does not impose on anyone.. May it instead, propose the goodness of the Beatitudes.. May it be a more human Church, and even if it is diminished in size, may it be strong in proclaiming Jesus Christ. Obviously, I hope that our Church will continuously renew herself, at the table of the Lord, where the Eucharist is celebrated and experienced as the source and summit of the Church’s life, of hope and love.
In conclusion, let me just finish with a prayer translated from the French edition of the Divine Office. Lord, you have asked that your Church be a place where the Gospel is proclaimed, even if it is in contradiction to the spirit and ways of the world. Give to your children the faith necessary to stand by You, and to bear witness to You in the face of all. And may they do this by drawing on Your sacred Word. Thank you! + Jean-Claude Cardinal Turcotte
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