Une bien
triste histoire
Je ne suis pas intervenu publiquement la semaine dernière au sujet de la malheureuse histoire de la jeune brésilienne de neuf ans, violée par son beau-père depuis l’âge de six ans, dont les médias ont parlé abondamment.
Mon silence n’était pas de l’indifférence, au contraire. Mais comment comprendre ce qui se passait sans avoir toute l’information?
J’ai été étonné de la position prise par l’évêque de Recife. Comment a-t-il pu en arriver à une telle décision? J’aurais fait un autre choix. Le drame vécu par la petite fille et sa famille était déjà assez horrible sans qu’on pense à excommunier les personnes en cause. La situation appelait alors une parole et un comportement plus évangéliques.
J’ai été heureux d’apprendre que les évêques du Brésil, mieux au fait que nous de la situation locale, se sont dissociés de la décision de leur confrère de Recife. J’ai apprécié également l’intervention qu’a faite, dans l’Osservatore Romano, le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Rino Fisichella, au cours de la fin de semaine dernière. (Lire le document)
Comme lui, je crois que l’avortement direct est toujours un acte moralement mauvais. Cependant, dans ce cas, il me semble évident qu’il fallait faire preuve de compréhension et de compassion plutôt que de condamnation et d’excommunication.
Cela étant dit, ma conviction demeure : il faut respecter la vie, de la conception jusqu’à la mort.
La Maison du Père a 40 ans
On les croise dans la rue où ils nous demandent l’aumône. Ils sont sans domicile fixe. On les appelle les itinérants.
Une grande partie de la clientèle des centres d’hébergement est constituée d’hommes dont l’âge varie entre 25 et 44 ans. On constate cependant que le nombre de jeunes de moins de 18 ans augmente ainsi que la proportion des femmes hébergées. À ce groupe, s’ajoutent les malades désinstitutionnalisés, toujours plus nombreux.
Ce portrait nous révèle aussi que les itinérants souffrent de l’une ou l’autre dépendance : la drogue, l’alcool, le jeu ou la dépendance affective. Leur condition d’existence les amène à vivre en marge des réseaux sociaux qui pourraient les aider. Éternels vagabonds, ils se contentent de conditions matérielles toujours précaires. Il en résulte que la malnutrition, le manque d’hygiène, l’exposition aux intempéries sont cause de divers problèmes de santé qu’ils traînent avec eux.
Quand l’après-midi vient, une centaine d’hommes se rassemblent sur le boulevard René-Lévesque, coin Saint-Hubert, attendant de trouver un gîte pour la nuit à la Maison du Père.
Fondée en 1969 par le cardinal Paul Grégoire et l’abbé Guy Laforte, l’organisme répond depuis quarante ans à cette réalité sociale que souvent nous aimons mieux ne pas voir.
Les Œuvres de la Maison du Père répondent à des milliers de demandes d’aide par année et accueillent chaque soir près de 150 hommes. Ce service d’hébergement est offert 365 jours par année. Toutes ces personnes ont été sans domicile fixe au cours des 12 mois précédents.
Pour répondre aux besoins de sa nombreuse clientèle, la Maison du Père offre différents services de dépannage, de réhabilitation sociale, d’accompagnement et de soutien à domicile. Ses objectifs sont de favoriser l’autonomie et la réinsertion de sa clientèle dans le circuit des services existant dans le milieu. La Maison du Père se voit comme un organisme complémentaire aux autres ressources du milieu. Elle ne les double pas, mais elle accompagne dans les petites choses d’une réinsertion sociale ceux qui viennent chercher ses services.
Le samedi 21 mars, à 17 h, à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde, je présiderai une célébration eucharistique à l’occasion du quarantième anniversaire de fondation de la Maison du Père. Je vous invite à participer à cette célébration qui nous permettra de rendre grâce à Dieu pour cette œuvre essentielle qui repose sur un personnel dévoué ainsi que de nombreux bénévoles.
Longue vie à la Maison du Père! |
|
A Heartbreaking
Story
Last week, I refrained from commenting publicly on the unfortunate story of the young 9-year-old Brazilian girl who had been raped by her stepfather since the age of 6. The media covered it extensively.
My silence must not be construed as indifference, quite to the contrary. But how does one understand what’s going on without having full information?
I was surprised by the position taken by the Bishop of Recife. How could he arrive at such a decision? I would have chosen differently. The human drama experienced by that child and her family was already horrible enough without having to think of excommunicating the persons involved. The situation called for compassion in word and deed.
I was happy to learn that the Brazilian bishops, better placed than we to appreciate the local context, have disassociated themselves from the decision of their colleague in Recife. I also appreciated the commentary, published last week in the Osservatore Romano, by Archbishop Rino Fisichella, President of the Pontifical Academy for Life. (Read about it)
I share his view that direct abortion is always a morally unacceptable action. However, in this case, it seems evident that the situation called for understanding and compassion rather than condemnation and excommunication.
That being said, my conviction stands: life must be respected from conception till death.
La Maison du Père celebrates
its 40th Anniversary
We cross them on the streets, asking passers-by for small change; they don’t have a fixed address. We call them “the homeless”.
The largest group that shows up at homeless shelters comprises men between 25 and 44 years of age. Unfortunately, more teenagers under 18 are now found among the regulars, and the number of homeless women is also increasing. To this group one must add the growing number of intellectually challenged people discharged from institutions.
The homeless often fall prey to a dependence on drugs, alcohol or gambling, and many suffer from emotional distress. Their way of life offers them a marginal existence, unable to take advantage of the help available through social services. Forever roaming the streets, they live on the precarious material resources that come their way. Often suffering from malnutrition and lack of hygiene, at the mercy of our harsh climatic conditions, most are usually in very poor health.
Every afternoon, nearly 100 men gather on the corner of René-Lévesque Boulevard and Saint-Hubert Street, waiting in line for a night’s rest at La Maison du Père.
Founded in 1969 by Paul Cardinal Grégoire and Father Guy Laforte, the organization has responded faithfully during the past 40 years to this social need, to which many of us would prefer to close our eyes.
The Oeuvres de la Maison du Père answers thousands of requests each year and welcomes nearly 150 men each night. This shelter is open 365 days a year. Those who find shelter have been homeless for at least 12 months.
To try and answer the needs of its vast clientele, La Maison du Père also offers various on-site services: a food bank, social rehabilitation, personal support and home care. Its objectives are to promote personal autonomy and participation in the social-service network for those who seek their services. La Maison du Père sees itself as a service that complements the resources currently available. It does not want to duplicate what is already offered but assists those who come with their day-to-day needs, which can bring about, in the long run, true social reintegration.
I will preside at a Eucharistic celebration to mark the 40th anniversary of the founding of La Maison du Père on Saturday, March 21, at 5 p.m. at Mary Queen of the World Cathedral. I invite all of you to take part in this celebration, to give thanks to God for this essential service, which relies on the work of devoted personnel and a great many volunteers.
Long live La Maison du Père! |