Demain soir, plusieurs centaines de personnes se réuniront à la Basilique Notre-Dame afin de célébrer la Fête-Dieu. Cette année encore, la célébration se déroulera en trois temps : messe à Notre-Dame à 19h30, procession eucharistique en direction de la Basilique Saint Patrick où la soirée se terminera par la bénédiction du Saint-Sacrement.
Pour les gens de ma génération, cet événement rappelle une époque où partout, dans les paroisses, on descendait dans les rues pour la procession de la Fête-Dieu. C’était un temps fort de l’année religieuse et civile, un événement d’actualité en même temps qu’une manifestation de foi populaire.
Le parcours emprunté par la procession était soigneusement tracé, éloigné des rues limitrophes de la paroisse afin d’éviter que deux processions ne se rencontrent. La paroisse prenait un air de fête. De multiples drapeaux étaient accrochés aux balcons et aux fenêtres, les parterres étaient bien fleuris.
Un élément important de la fête était le reposoir, sorte d’autel portatif où l’on déposait le Saint-Sacrement pour une période d’adoration au terme de la procession. Installé chez l’un des paroissiens, le reposoir était attendu des marcheurs et des marcheuses, curieux de constater la créativité des propriétaires des lieux.
Tout ce déploiement, qui durait le temps d’une soirée, n’avait qu’un but : honorer et vénérer le Christ présent par le sacrement de l’Eucharistie.
Les coutumes ont bien changé depuis cette époque. Les processions de la Fête-Dieu ont presque toutes déserté nos rues. En plus de celle de demain soir entre les deux basiliques, une vingtaine de communautés chrétiennes du diocèse proposeront une procession à leurs membres dimanche prochain alors que toutes les paroisses du diocèse célébreront la fête qui, depuis la réforme liturgique, se nomme «Le Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ».
Ce beau nom attire l'attention des croyants et des croyantes non seulement sur le pain mais aussi sur le vin que le Christ a consacrés le soir de la Cène, lorsqu'il a dit «Ceci est mon corps, donné pour vous», puis «Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude». Après chacune de ces paroles, il a ajouté: «Faites cela en mémoire de moi.» Depuis ce jour-là, la messe existe et elle sera célébrée jusqu'à la fin des temps.
Tout en étant très heureux du nouveau nom que la liturgie donne maintenant à la Fête-Dieu de ma jeunesse, je demeure attaché à la procession qui nous permet de porter le pain consacré dans les rues de notre ville. Je suis convaincu que plusieurs parmi nous ont besoin de manifestations de groupe pour exprimer leur appartenance au Christ. C’était l’un des aspects marquants du Congrès eucharistique international de Québec il y a un an. C’est un peu pour répondre à ce besoin que sont apparues les marches du pardon du Vendredi Saint, les grandes manifestations reliées aux Journées mondiales de la jeunesse, etc. Il y aurait sans doute d’autres initiatives à prendre pour nous rassembler et nous dire que nous ne sommes pas seuls à marcher sur la route du Christ. Et aussi pour signifier que le Christ continue à rassembler les hommes et les femmes qui laissent l’Évangile donner un sens à leur vie.
Serez-vous à la Fête-Dieu demain soir? |
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Tomorrow evening, hundreds of people will gather at Notre-Dame Basilica to mark the feast of Corpus Christi. Once again this year, it will be a threefold event: mass at Notre-Dame at 7:30 p.m., Eucharistic procession to St. Patrick’s Basilica, followed by Benediction there to conclude the evening.
For people of my generation, this event brings back memories of a time when all parishes conducted Corpus Christi processions through neighbourhood streets. It was a significant civic event as much as a religious one, a newsworthy event and a mass demonstration of people’s faith at the same time.
Processional routes were carefully planned, steering clear of parish boundaries to avoid crossing another procession. Parish neighbourhoods took on a festive look. Along the route, flags were strung across balconies and windows, and gardens were packed in flowers.
An important element was the altar of repose, a sort of portable altar where the Blessed Sacrament was exposed at the end of the procession for a period of public adoration. Usually set up on a parishioner’s front lawn, those walking in procession were always anxious to see how creative these parishioners had been.
This public display, which lasted well into the evening, was set up for one reason only: to honour and venerate the living Christ, present in the Eucharist.
Traditions have changed since then. Our streets nowadays seldom host Corpus Christi processions. Besides tomorrow evening’s event between the two basilicas, about twenty parishes have organized processions for their flocks next Sunday, when all parishes in the diocese will celebrate the feast that, as a result of the liturgical reform, is now known as “The Body and Blood of Christ”.
This beautiful title focuses not only on the bread but also on the wine that Christ consecrated on the night of the Last Supper when he said: “This is my body, given up for you,” and “This is my blood, the blood of the new covenant, shed for all”. He then added: “Do this is memory of me”. Since that day, mass has been and will continue to be celebrated until the end of time.
Although I am delighted with the new name now given to the feast that I celebrated in my youth as Corpus Christi, I still have great affection for the procession whereby we carry the consecrated host through the streets of our city. I am sure that many believers need these group demonstrations to express their love of Christ. It was one of the major aspects of the International Eucharistic Congress that took place in Québec City a year ago. It is probably in response to this need to offer public witness that the Good Friday Walks have appeared as well as the large youth processions associated with World Youth Days, etc. Without a doubt, other initiatives could be organized to bring us together and to show that we are not the only ones following in the footsteps of Christ. It would also show that Christ continues to gather men and women who are leading meaningful lives by following the Gospel.
Will you be there tomorrow night?
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