Funérailles de Claire Kirkland Casgrain

2016-04-02

La soif de ce qui est juste

 

Vous êtes venus aujourd'hui honorer Claire Kirkland Casgrain et soutenir sa famille par votre présence. Elle était une femme de foi qui n'a jamais cessé de prier, une femme de famille qui n'a jamais cessé de porter les siens dans son cœur, une femme de droit qui n'a jamais cessé de chercher ce qui est juste.

Il n'y a pas de plus grande souffrance que la perte d'un être cher, d'une épouse, d'une mère, d'une grand-mère, d'une amie. Souvent c'est au moment de leur décès que l'on découvre combien nos parents nous habitent et font partie de ce que nous sommes.

Dans notre perception immédiate, la mort se dresse comme un mur implacable qui vient couper la vie et la communication. La mort est-elle le dernier mot de la vie ? Les liens tissés au long d'une vie s'arrêtent-ils avec la mort ? Les blessures de la vie peuvent-elles trouver une guérison définitive ?

La mémoire collective vient à notre aide pour souligner, comme on l'a fait dans les médias et les rencontres, l'engagement de Claire Kirkland Casgrain sur la place publique. Première femme députée et ministre à Québec, elle a été une pionnière en faveur de l'égale dignité de l'homme et de la femme, de la culture et du patrimoine, de l'environnement et du développement du tourisme. Dans sa vie d'avocate et de juge elle a voulu servir les gens dans le besoin avec un souci de justice et d'équité sociale.

La foi en Dieu ouvre notre cœur à l'espérance, car en nous tournant vers l'auteur de la vie nous pouvons penser à Claire aujourd'hui, la présenter au Seigneur pour qu'Il l'accueille dans son Royaume de l'amour éternel. Dieu qui est vie éternelle a le pouvoir de donner la vie éternelle en faisant participer à sa propre vie. Jésus-Christ a partagé notre humanité pour nous communiquer en partage la vie éternelle. Il s'est uni à nous pour nous appeler à nous unir à lui.

Jésus, sur la Croix, a porté nos péchés, nos souffrances et nos morts. Il a porté nos blessures physiques et nos cœurs brisés. Il a porté nos peines et nos expériences de rejet. Il a porté le mal physique et le mal moral en aimant, en priant et en pardonnant. Avant de mourir il a vaincu la mort car il a fait de sa vie un don jusqu'au bout. Il a vécu en aimant jusqu'à la fin, en faisant de sa vie un don total jusqu'à la fin de sa vie. Il a fait de sa mort un moment de don de soi à son Père pour nous.

La mort a un certain pouvoir, mais elle n'a pu empêcher Jésus-Christ de ressusciter. Jésus a tout d'abord vaincu la mort dans sa façon de mourir, mais il a accompli sa victoire sur la mort en ressuscitant, de sorte qu'Il peut être pour nous non seulement un modèle d'humanité mais une source de vie.

Jésus-Christ est vivant et il a le pouvoir et l'amour pour accueillir Claire telle qu'elle est : avec son humanité et ses fragilités, sa soif de justice et ses blessures, son amour et l'histoire de sa vie. Du cœur transpercé de Jésus coule la miséricorde qui réconcilie et la paix qui comble de joie.

Je renouvelle auprès de Monsieur Wyndham Strover, époux, des enfants Lynne-Marie, Kirkland et Marc, de tous les membres de la famille et des amis, mes condoléances les plus sincères. Quel que soit le désarroi et la tristesse, n'hésitez pas à faire appel à Jésus-Christ qui a le pouvoir de calmer avec le baume de sa tendresse, de consoler avec l'huile de sa douceur, de fortifier avec le pain de sa présence.

Le Plan de Dieu est de nous donner un avenir dans l'éternité, de donner le dernier mot à la vie et à l'amour, de nous réunir dans sa Beauté, sa Vérité et sa Bonté. Laissons-nous inspirer par le témoignage de notre sœur Claire et soyons des frères et sœurs en humanité vivant dans la soif de ce qui est juste dans la société et pour tout être humain.

Prenons quelques instants de silence pour présenter Claire Kirkland Casgrain, en même temps que notre cœur éprouvé, à Dieu Consolateur.


+ Christian Lépine
Archevêque de Montréal

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