Mgr Jean-Jacques Lartigue

1836-1840

     

À la création du diocèse de Montréal en 1836, Mgr Jean-Jacques Lartigue en devient le premier évêque titulaire à la suite de longues et pénibles difficultés venant de rapports houleux qu’entretenaient avec lui ses confrères sulpiciens. Il connaît à fond le diocèse qu’on lui confie car depuis 1820, il agit comme évêque auxiliaire et vicaire général, suffragant de l’évêque de Québec, Mgr Plessis, pour le district de Montréal. On retient de lui son intérêt pour l’éducation et la sagesse dont il a fait preuve durant la tourmente politique de 1837-1838.

De la naissance à la mission à Londres (1777 - 1820)

C’est à Montréal que naît Jean-Jacques Lartigue, le 20 juin 1777, fils unique d’un père médecin français, Jacques Lartigue, immigré en Nouvelle-France en 1757 et d’une mère canadienne, Marie-Charlotte Cherrier, de Saint-Denis sur le Richelieu. Notons que par sa mère, Jean-Jacques Lartigue est apparenté à trois grandes familles de la bourgeoisie montréalaise — les Cherrier, les Viger, les Papineau — qui joueront un rôle important dans le milieu, notamment lors de la Révolte de 1837-1838.

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Évêque auxiliaire et vicaire général, suffragant de l’évêque de Québec, pour le district de Montréal (1821 - 1836)

C’est au cours de ce séjour de dix mois en Europe (14 août 1819-14 juin 1820) que Jean-Jacques Lartigue apprend sa nomination comme évêque auxiliaire et vicaire général, suffragant de l’évêque de Québec, pour le district de Montréal. On comprendra qu’il s’agit d’une nomination pour le même et vaste diocèse de Québec, et que l’on utilise le terme civil « district de Montréal » parce qu’il ne s’agit pas encore d’un « diocèse » nouveau.

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Évêque de Montréal (1836 - 1840)

Le 13 mai 1836, Grégoire XVI signait la bulle d’érection du nouveau diocèse et le bref proposant Jean-Jacques Lartigue au siège de Montréal. Devant le fait accompli, Londres, qui n’avait pas été pressenti, agréa le nouvel évêque.

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Au cœur de la tourmente politique

Toutes choses étant bien en place, commence cependant une période politique difficile. On peut dire que les dernières années de l’épiscopat de Mgr Lartigue comptent parmi les plus pénibles de sa vie. Elles coïncident avec la crise qui secoue le Bas-Canada : les Troubles de 1837 - 1838 et leurs conséquences. Un affrontement se préparait entre les Patriotes et le gouvernement britannique en place. Le 25 juillet 1837, dans sa cathédrale, l’évêque de Montréal tient à mettre en garde les fidèles de son diocèse contre toute action révolutionnaire.

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Suite et fin

Ajoutons un mot. L’opinion populaire a longtemps répandu l’idée que Mgr Lartigue avait prononcé l’excommunication de certains chefs de la rébellion. Souvent interpellés sur cet acte, pour l’amender, l’annuler, les évêques du Québec ont publié, le 27 mars 1987, sous la signature de leur président, Mgr Jean-Marie Fortier, alors archevêque de Sherbrooke, un document intitulé : Cent cinquantième anniversaire de la Révolte de 1837. Mgr Fortier y écrit ceci : « Les contrevenants n’ont été ni excommuniés ni frappés de quelque censure ecclésiastique que ce soit. »

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