Accompagner jusqu'au moment de la mort

2011-02-16

« La merveille de la foi chrétienne, [c'est de] croire que nous pouvons passer de la main d'une sœur ou d'un frère à la main de Dieu. »

Mgr Bertrand Blanchet, La bioéthique – Repères d'humanité, Médiaspaul, 2009, p. 214.

Le titre que je donne à mon Courriel du mercredi de cette semaine m'est inspiré par deux événements. Un qui est tout près derrière nous : la Journée mondiale des malades (11 février); l'autre qui est beaucoup plus loin : La commission sur la question de mourir dans la dignité tenue au Québec en 2010 en vertu d'une motion adoptée par l'Assemblée nationale l'année précédente.

Durant les audiences de cette Commission, il a beaucoup été question d'euthanasie et de suicide assisté, deux manières de mettre rapidement un terme à la vie d'une personne qui en fait la demande, particulièrement en raison de ses extrêmes souffrances physiques ou psychologiques.

Approuvées par les uns, refusées par les autres, non seulement ces deux manières de mettre fin à une vie humaine sont souvent le sujet de vives discussions, mais elles sont mises en pratique ici et là, parfois de manière légale, d'autrefois pas.

On le sait, euthanasie et suicide assisté sont des pratiques que l'Église réprouve. Mais il ne suffit pas de réprouver. Il faut aussi savoir se comporter évangéliquement auprès de personnes qui, vivant des heures très difficiles, s'interrogent sur le comportement à adopter.

Dans le document qu'elle a présenté à la Commission le 30 septembre 2010, l'AECQ (Assemblée des évêques catholiques du Québec) affirme l'importance d'assurer un accompagnement compétent auprès des personnes qui sont en fin de vie ou se questionnent sur la capacité qu'elles possèdent personnellement de poursuivre jusqu'au bout leur lutte contre la souffrance.

Ces personnes ont besoin d'une main qui les aide dans leur marche vers l'ultime moment de leur existence et les encourage à traverser et vaincre l'adversité plutôt que de la fuir dans une mort prématurée. Elles ont besoin d'une présence compatissante qui, jusqu'à la fin, saura discerner la beauté de leur être caché derrière la maladie et l'approche de la mort.

Elles pourront être réconfortées par quelqu'un qui prie pour elles – et peut-être avec elles – demandant, si elles ont la foi, de parvenir à faire leurs les paroles prononcées par Jésus sur la croix: « Entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46). 

Accompagner un malade jusqu'au dernier moment de sa vie n'est pas seulement le plus grand des services qu'on peut lui rendre, c'est aussi un des plus grands qu'on puisse se rendre à soi-même. 

† Jean-Claude Turcotte

Archevêque de Montréal

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