Le Curé d'Ars - Journée mondiale du malade

2010-02-10

En cette année sacerdotale, le pape a voulu donner comme modèle aux prêtres du monde le curé d’Ars. Certains se demandent en quoi ce pauvre petit curé de village du XIXe siècle peut être encore actuel et inspirant à l’heure d’Internet.

Le curé d’Ars est né trois ans avant la Révolution française et toute sa vie se déroulera en des années troubles qui bouleversaient la France d’alors. Tout était remis en question et bientôt le rationalisme deviendra la nouvelle religion. Nous vivons nous aussi en des temps qui bousculent nos valeurs chrétiennes et qui proposent des façons autres de comprendre la vie et de la vivre. Le curé d’Ars peut apprendre aux prêtres à être des prêtres du temps présent. Il n’y pas de temps fermé à l’annonce de l’Évangile.

Le curé d’Ars accordait une grande importance à l’éducation de la foi. Le catéchisme aux enfants, la prédication, les missions paroissiales ont tenu une place importante dans son ministère. Il cherchait par tous les moyens à proposer Jésus Christ à ses paroissiens. Il peut donc apprendre aux prêtres à annoncer Jésus Christ avec foi et conviction et à ne pas se laisser abattre par les difficultés rencontrées.

Le curé d’Ars avait placé l’Eucharistie au cœur de sa vie et de son ministère. Durant de longues heures le jour et la nuit, il priait devant le tabernacle. Il invitait ses paroissiens à venir souvent à l’Église prier devant le Saint Sacrement. La célébration de la messe, l’adoration marquaient ses jours. Il disait : « Il n’y a rien de plus grand que l’Eucharistie ». « Le vrai secret de son succès pastoral, écrit le pape, a été l'amour qu'il nourrissait pour le Mystère eucharistique, annoncé, célébré et vécu, qui est devenu amour pour le troupeau du Christ, les chrétiens et pour toutes les personnes qui cherchent Dieu. » Le curé d’Ars peut apprendre aux prêtres à redécouvrir la grandeur de l’Eucharistie et à la mettre au cœur de leur vie et de leur ministère.

Le curé d’Ars a voulu manifester la miséricorde de Dieu. « Nos fautes sont des grains de sable à coté de la grande montagne des miséricordes de Dieu.» C’est au confessionnal qu’il en viendra à passer le plus de temps. Il avait une manière différente d’accueil et de se comporter avec les pénitents. Les personnes qui s’approchaient de son confessionnal trouvaient en lui l’encouragement à se plonger dans « le torrent de la divine miséricorde », pour reprendre ses mots. Il savait faire naître le repentir dans les cœurs. Le curé d’Ars peut apprendre aux prêtres à redonner une place au sacrement du pardon dans leur ministère et à être des instruments de la miséricorde de Dieu.

Sa vie nous dit que n’importe quel prêtre peut laisser Dieu agir à travers lui. C'est réconfortant. La vie et le ministère du curé d’Ars nous enseignent qu’à la base de son engagement pastoral, le prêtre doit être uni intimement au Christ. S’il a un profond amour du Christ, le prêtre pourra faire connaître à tous cette amitié intime avec le Seigneur et toucher les cœurs et les ouvrir à l'amour miséricordieux de Dieu. Ainsi il pourra transmettre enthousiasme et vitalité spirituelle aux communautés que le Seigneur lui confie. 

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Journée mondiale du malade

Chaque année, le 11 février, nous célébrons la Journée mondiale du malade. Demain après-midi, je présiderai une messe spéciale à Ma Maison Saint-Joseph. L’équipe du Jour du Seigneur sera sur place et la célébration sera retransmise dimanche prochain, à 10 h, à Radio-Canada.

Pour l’occasion, le pape a publié un message qui souligne l’importance du service pastoral dans le monde de la santé. Je fais miennes les paroles du Saint-Père qui, en cette année sacerdotale, exhorte les prêtres à ne pas économiser leur temps pour apporter aux personnes malades les soins spirituels et le réconfort dont elles ont besoin. De même, il demande aux malades de prier pour les prêtres afin que leur ministère soit riche en fruits spirituels au bénéfice de toute l’Église.

En terminant, permettez-moi de saluer le travail des bénévoles du Service d’accompagnement spirituel des personnes malades ou âgées à domicile qui font preuve d’un grand dévouement.

† Jean-Claude Turcotte

Archevêque de Montréal

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