AOÛT - La Grande Guerre


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Le mois d'août marque cette année le centième anniversaire du commencement de la Première Guerre mondiale. Le 4 août 1914, le Royaume-Uni déclarait la guerre à l'Allemagne, joignant le concert de nations impliquées dans un conflit militaire qui allait atteindre une envergure nouvelle. Avec lui, le Royaume-Uni entraînait ses colonies et ses dominions dans une guerre qui allait durer un peu plus de quatre ans.  

L'entrée automatique du Canada en guerre aux côtés du Royaume-Uni ouvrait à nouveau le débat sur la participation aux guerres de l'Empire. Le pays avait déjà été divisé durant la guerre des Boers sur la nécessité d'envoyer des troupes canadiennes combattre en Afrique du Sud aux côtés des Britanniques. Déjà en 1899, Henri Bourassa s'était opposé à l'envoi de soldats canadiens en Afrique du Sud et avait démissionné de son poste de député, claquant la porte du parti libéral dirigé alors par le premier ministre Wilfrid Laurier. Aux yeux de Bourassa, le Canada n'était pas tenu de soutenir les ambitions impériales britanniques. 

Avec l'ouverture des hostilités en Europe en 1914, les journaux montréalais de l'époque relataient quotidiennement les nouvelles venant du front. Dès le commencement du conflit, l'Archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, s'enquiert de la position à adopter. Très tôt, l'Église catholique de Montréal soutient ouvertement, à travers différentes œuvres caritatives, les populations civiles européennes touchées par le conflit. Cependant, la critique sévère d'Henri Bourassa à travers les éditoriaux de son journal Le Devoir dérange. Dans son éditorial du 26 octobre 1914, Bourassa critique fermement l'Angleterre qui malgré une campagne de mobilisation importante n'a déployé sur le front pour combattre aux côtés de ses alliés qu'un nombre restreint de soldats. Aux yeux de Bourassa, le Royaume-Uni s'est lancé dans la guerre avec pour seule raison le maintien de l'équilibre des puissances. L'objectif de ces éditoriaux était visiblement de décourager l'enrôlement volontaire de Canadien français.

Sans doute frappé par les propos d'Henri Bourassa, l'Archevêque de Montréal, Mgr Bruchési cherche à obtenir l'opinion de Rodolphe Lemieux sur la question. Rodolphe Lemieux, ancien journaliste et ancien ministre des Postes, militait alors pour le recrutement volontaire. Ce député, proche de Wilfrid Laurier, partageait en plusieurs points la position de l'ancien premier ministre. Le registre des lettres de Mgr Bruchési n'a pas conservé copie de la lettre adressée par l'Archevêque au député libéral ce qui nous laisse supposer qu'elle émanait de sa correspondance privée. Seule la réponse de Rodolphe Lemieux nous est restée. C'est cette lettre personnelle que nous vous suggérons ce mois-ci. Elle nous replonge dans un débat sur le devoir des Canadiens dans le conflit qui faisait rage. La critique de Lemieux envers Henri Bourassa est sévère. Le député n'hésite pas à la qualifier de «campagne tendancieuse». Rodolphe Lemieux et Henri Bourassa se connaissaient pourtant bien, ayant fait leur entrée ensemble au parlement et siégé sous la bannière libérale.

Les tensions dont témoigne cette lettre reflètent déjà les prémisses de la crise de la conscription qui ébranleront le pays en 1917. Ce document témoigne également de l'intérêt que portait l'Archevêque de Montréal pour les débats politiques de l'époque et de sa volonté de se former une opinion propre quant à la position à adopter.

Commentaire


Commentaire de Elisabeth Pilon | 2017-11-11

Bonjour, Vous est-il possible de me dire si au Québec les cloches étaient interdites de sonner pour la durée de la guerre, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne? Je suis à faire une recherche pour les célébrations du centième anniversaire de l'Armistice en 2018. Je vous remercie grandement de me revenir ou de me diriger au bon endroit. Elisabeth Pilon
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