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DÉCEMBRE - Correspondance romaine centenaire


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Les relations avec le Saint-Siège ont toujours occupé une place d'importance aux yeux de l'Église montréalaise. Cependant, la distance séparant Montréal et Rome et les moyens de transport d'époque nous permettent de nous questionner sur la profondeur des liens existant entre les évêques de Montréal et les papes au fil des siècles. Nos évêques connaissaient-ils personnellement les papes s'étant succédé sur le siège de saint Pierre?

En feuilletant le registre de lettres de Monseigneur Paul Bruchési, Archevêque de Montréal de 1897 à 1939, nous avons découvert une lettre fascinante datée du 20 décembre 1914. Elle fut rédigée moins de quatre mois après l'élection du cardinal archevêque de Bologne Giacomo della Chiesa au pontificat. Ce document original révèle la familiarité qu'avait le prélat montréalais avec le pape nouvellement élu, Benoît XV.

Bien que la lettre originale portant la signature de Monseigneur Bruchési se trouve aujourd'hui aux archives vaticanes, une retranscription du document fut conservée ici à Montréal. Jusque dans les années 1940, le secrétariat de l'archevêque recopiait soigneusement dans de larges volumes la correspondance émanant de l'évêché. Ces registres constituent une véritable richesse pour quiconque s'intéressant à notre histoire.

La lecture de cette lettre nous apprend beaucoup sur l'ancien archevêque de Montréal de même que sur Benoît XV. Contrairement à la majorité de la correspondance romaine émanant de Montréal, cette lettre est rédigée en français. Monseigneur Bruchési, d'origine italienne, maîtrisait pourtant très bien l'italien qu'il utilisait occasionnellement dans sa correspondance. Cela nous permet de présumer que lors de leur rencontre précédente, les deux hommes avaient certainement conversé en français. On y découvre donc un pape francophile.

De plus, cette lettre nous apprend que les deux prélats avaient reçu l'ordination sacerdotale ensemble le 21 décembre 1878 en la basilique Saint-Jean-du-Latran. Monseigneur Bruchési avait en effet été ordonné prêtre à Rome où, suite à des études, il obtint un doctorat en théologie et un doctorat en droit canon. Au total, c'est près de cinq ans qu'il passa en Europe de 1874 à 1879.

Mais l'apport le plus important de cette lettre est de mettre en lumière les tractations entourant la question des écoles du Manitoba. En 1897, une véritable crise politique secoua le pays au sujet de l'enseignement confessionnel dans les écoles manitobaines. Les évêques canadiens préoccupés par le maintien d'écoles catholiques dans cette province sollicitèrent l'intervention de Rome. On découvre que les deux prélats jouèrent un rôle clé dans l'intervention vaticane de décembre 1897 à travers l'encyclique Affari vos. Cette lettre de Léon XIII adressée spécifiquement au clergé canadien insistait sur l'importance de l'éducation religieuse catholique. Monseigneur Bruchési, nouvellement ordonné évêque et âgé de quarante-deux ans, avait fait parvenir des notes sur la question au pape Léon XIII afin de le guider dans la rédaction de l'encyclique. Della Chiesa (le futur Benoît XV), alors affecté à la secrétairerie d'État, semble avoir joué un rôle dans la rédaction même du document.
 
La Première Guerre mondiale qui faisait rage empêchera Monseigneur Bruchési de retourner à Rome avant 1919. Les deux hommes auront alors la chance de se retrouver une dernière fois, à l'occasion de la visite ad limina de l'Archevêque de Montréal. En souvenir de leur ordination sacerdotale, le pape Benoît XV lui remit l'anneau pastoral qu'il portait étant archevêque de Bologne. Ce fut leur dernière rencontre. Peu de temps après son retour, Monseigneur Bruchési tombera gravement malade et devra délaisser ses responsabilités pastorales.

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