Soutenir la quête de sens

Notre-Dame-de-la-rueAvec Kevin, il forme une équipe qui, le soir surtout, sort dans la rue retrouver ceux et celles qui passeront la nuit dehors. Avec quelques bénévoles, les visites sont parfois brèves. Un regard, un bonjour, un café ou un jus offert. Le silence tient lieu de répits dans une vie où l'asphalte, la foule et les aléas de la température sont des compagnons peu sociables. Et puis, il y a les gens qui ne sont plus les mêmes; oublier le temps du « bon vieux robineux » à la ponce de gin dans son sac.

Aujourd'hui, on retrouve dans la rue autant des jeunes de bonne famille que des professionnels qui ont tout perdu au jeu. Ou encore, des personnes que le système de santé a laissées tombées, surtout ceux qui ont une santé mentale fragile. Sans compter ceux et celles sur qui la drogue a l'effet d'une bombe. Depuis quelques années, les overdoses sont en augmentation. Le principal problème est qu'on vend n'importe quoi. Les drogues sont coupées avec des nettoyants, des solvants, etc. Nul ne sait quels en seront les effets. Des composés explosifs que même les habitués ne savent plus décelés.

Avec toutes ces personnes, l'abbé se lance parfois dans des conversations plus étoffées où les chagrins du jour - parfois les joies - se partagent. Le temps d'une confidence ou d'une confession, et voilà la petite équipe répartie vers un autre lieu stratégique; une bouche d'air chaud provenant des souterrains urbains l'hiver ou bien un parc frais dans la chaleur suffocante de l'été. Les stations de métro aussi, où dépendamment de l'humeur et de l'ouverture du personnel, une personne peut demeurer quelque temps à l'abri des éléments. Surtout l'hiver. Par contre, ne comptez pas sur celles du Centre-Ville s'il y a un match de hockey, un spectacle d'envergure ou un autre événement. Le ménage est fait. Rien ne doit laisser penser qu'ils existent...

Heureusement, l'abbé Paradis est maintenant en contact avec le maire de Montréal. Il estime Denis Coderre pour l'ouverture que celui-ci semble véritablement posséder auprès des personnes itinérantes.

Maître mot : espérance

L'abbé Paradis ne s'en cache pas; il aimerait bien un jour que ces ouailles de la rue viennent prier à la messe. Mais, le but premier n'est pas de remplir les églises. Si la personne trouve un sens à sa vie et réussit à s'en sortir, c'est tant mieux. Comme ce jeune homme rencontré par hasard au Zoo de Saint-Félicien. Des rues de Montréal à la ligne d'attente pour acheter son billet en compagnie de sa conjointe et de leurs deux enfants : les paroles et les gestes de l'abbé portent des fruits. Mais, ils ne sont pas toujours visibles comme dans cet exemple. L'espérance est le maître mot.

Pour continuer son travail, l'abbé Paradis a besoin du soutien de son évêque, de Kevin qui est son acolyte essentiel, mais également de bénévoles qui ne jugent pas et ne cherchent pas d'abord à convertir. Il a besoin de gens qui possèdent un accueil inconditionnel. Puis, il y a aussi le soutien financier. Les dons servent à soutenir les deux piliers que sont Kevin et l'abbé Claude, mais également à acheter des objets de piété - une médaille de Notre-Dame-de-la-Rue qui fait fureur - et à se procurer un peu de nourriture et du café. On ne remplace pas la soupe des autres organismes. Par contre, pour écouter la recherche de sens en soi, vaut mieux avoir mangé un peu.

Il y a aussi un refuge qui a déjà approché l'abbé afin d'aller soutenir la recherche de sens des personnes qui y sont accueillies. Les gens qui en feront la demande pourront recevoir ses services.

Et puis, rêvons un peu avec l'abbé Paradis! Un autre projet pourrait voir le jour à Montréal. Pourquoi pas celui d'une communauté de la rue? Comme au Brésil où Éric Guyader, un laïc français, a mis sur pied une Église des gens de la rue. À Salvador de Bahia, l'évêque du lieu lui a même donné une église. Les gens vivent vraiment en communauté; la messe, la prière, etc. Claude Paradis a pu s'y rendre à deux reprises afin d'observer le travail qui s'y réalise.

Commentaires

*
*
Veuillez calculer 3 plus 4.*