L'ORDRE

Dans l’Ancien Testament, la Bible nous révèle un Dieu qui ne cesse de proposer à l’humanité d’entrer dans son projet d’Alliance. Pour faire le lien avec son Peuple, Dieu choisit un porte-parole, un médiateur : Moïse, le libérateur, l’intercesseur, le gardien de l’Alliance conclue avec Dieu.

tl_files/Images_sacrements/ordre.gifDans le Nouveau Testament, Jésus devient l’unique figure d’une Nouvelle Alliance qui sera définitive. Jésus est désormais le « nouveau Moïse », le seul médiateur entre Dieu et son Peuple puisqu’en sa personne, la divinité et l’humanité son indissociablement unis : Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix (Colossiens 1, 19-20).

Les récits de l’Ancien Testament nous montrent que dans la religion juive, tout comme dans beaucoup d’autres, le prêtre était chargé d’offrir à Dieu des sacrifices, soit en action de grâce, soit en expiation pour les fautes commises par le Peuple. Cette fonction était devenue une institution majeure pour que le culte puisse être accompli. Dans le Nouveau Testament, Jésus fait figure d’unique prêtre, pourtant il n’en avait ni le rang, ni la fonction. En fait son sacrifice dépasse tous les sacrifices de la première Alliance, puisqu’il offrait le sacrifice ultime : sa propre vie de Fils de Dieu : Mais à présent, le Christ a obtenu un ministère d’autant plus élevé que meilleure est l’alliance dont il est le médiateur, et fondée sur de meilleures promesses…Le Christ, lui, survenu comme grand prêtre des biens à venir,…entra une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle (Hébreux 8, 6; 9, 11-12).

À la suite de Jésus, tous les baptisés deviennent un Peuple nouveau, le Peuple de la Nouvelle Alliance, une communauté toute entière sacerdotale, dont le Christ demeure la Tête. Cela n’empêche pas Jésus de se choisir des ministres qui formeront et conduiront ce peuple sacerdotal : les apôtres et leurs successeurs, ainsi que ceux qu’ils institueront pour les seconder dans leur mission. Le livre des Actes des Apôtres décrit les rites entourant le choix de ceux qui seront associés à la mission des douze apôtres : prière, jeûne, discernement, choix, imposition des mains et envoi en mission dans la mouvance de l’Esprit Saint.

L’on doit beaucoup à saint Paul dans l’organisation hiérarchique de l’Église naissante dont nous sommes héritiers. Il y a le ministère d’épiscope (ou évêque, signifiant : « celui dont le regard porte au loin »), de presbyte (ou prêtre, signifiant « ancien », au sens de sagesse) et de diacre (serviteur). Ces ministères forment les trois degrés de ce que l’on appellera plus tard le sacrement de l’Ordre.

L’évêque, successeur des apôtres, est placé à la tête de l’Église locale (diocèse), il a la triple charge de gouverner, d’enseigner et de sanctifier. Il est assisté de presbytes (prêtres), le plus souvent nommés responsables de communautés paroissiales. Quant aux diacres, ils participent à la liturgie, à la prédication, aux œuvres de charité.

Ce qui fait le cœur du sacrement de l’ordre, ce n’est pas le pouvoir qui dominerait ou écraserait, mais bien l’humble service du Peuple de Dieu à l’image du Christ qui a livré sa vie pour « qu’ils aient la vie ».

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