Prier ensemble à la messe

Prier ensemble

« Dieu réuni ceux qui s’aiment », chantait Édith Piaf, et elle avait bien raison. On ne peut pas se dire chrétien, et en même temps vouloir faire sa petite vie tout seul. Suivre le Christ, c’est sortir de chez soi, se laisser déranger et aller au-devant des autres, tout en ayant une vie intérieure profonde et féconde.

Tout chrétien a besoin de s’unir à Dieu et aux autres pour prier, fraterniser et fêter. Jésus nous a laissé sept signes sacrés qui nous permettent de demeurer concrètement dans une communion des personnes hors de l’ordinaire.

Ça ne paraît peut-être pas toujours, mais le dimanche, tous les chrétiens du monde entier sont en fête. Il y a des assemblées qui débordent de joie, et d’autres qui sont plutôt timides, voire même empesées…

Quoi qu’il en soit, Dieu est bien présent, au centre de chacune des églises. Il est souvent discret, comme la brise légère, mais il peut parfois souffler follement, comme la tempête!

Pourquoi un catholique va-t-il à la messe chaque dimanche? Pour une seule et bonne raison : communier au Christ.

Bon… Mais ça veut dire quoi « communier »? C’est sûr que, si on ne comprend pas ce que veut dire « communier », alors on ne peut pas comprendre pourquoi les catholiques vont à la messe le dimanche!

La messe, c’est captivant comme un film de suspense, à condition de comprendre l’intrigue.

Dieu agit!

À la messe, on voit, on sent, on entend Dieu agir autour de nous, et en nous. Quand on ressent tout cela très fort, cette amour de Dieu, alors on court à la messe le plus souvent possible! Quand on ne ressent rien ou qu’on ne voit rien, eh bien, on y va quand même! Par fidélité à cet amour.

C’est comme la vie de couple! Au quotidien, les papillons de la passion ne sont pas toujours au rendez-vous. Quelques fois, on ne ressent rien, mais on décide d’aimer, parce qu’on s’y est engagé, parce qu’on veut être fidèle à cet engagement, parce qu’on sait que l’amour, c’est davantage une décision qu’un papillon…

Et puis, avec le temps, on réalise que cette fidélité est récompensée au centuple : on fait la vérité, on donne, on reçoit, on vit une vie de partage qui guérit toutes sortes de blessures affectives en comblant notre très grand besoin d’aimer et d’être aimé.

La « communion au Christ », c’est ça! En Lui restant fidèle, en disposant notre cœur à recevoir Son amour et Sa vie, en lui permettant de s’approcher de nous, alors il nous enseigne, nous nourrit, nous transforme, nous guérit… Tout ça pendant la messe! Et après la messe, rempli, fortifié et certain de cet amour, on ne veut qu’en vivre et le partager aux autres.

La messe, c’est la célébration de l’amour entre Dieu et nous ; l’après-messe, c’est un envoi en mission pour apprendre à aimer et être aimé.

C’est ainsi que Dieu agit en nous… si on veut bien le laisser faire! Le laisser faire, c’est la seule condition requise. Pourquoi? Parce qu’avec Lui, c’est l’Amour libre! Le vrai.

On n’est pas des anges

Quand Dieu nous a créé, il a bien pris soin de nous créer « homme et femme », c’est-à-dire, avec un corps et une âme indissociable. Nous sommes à la fois corps et esprit, contrairement aux anges qui eux, sont de purs esprits.

Dieu nous a créé ainsi pour que nous le cherchions avec tous nos sens, et non pas seulement avec notre intelligence. C’est pour cette raison qu’Il offre son amour dans des signes concrets que nous pouvons voir, toucher, entendre, goûter et humer! Tout cela par amour pour nous et pour que notre corps soit comblé autant que notre esprit.

Ces signes, on les appelle « les sacrements ». C’est Jésus qui nous les a laissés au temps où il a marché sur cette terre avec nous. Il savait notre besoin profond de dépassement dans notre vie humaine qui, souvent, manque d’ampleur et de substance.

Grâce aux sacrements, notre soif d’infini et d’absolue est étanchée. C’est comme quand nous étions enfants ; nous avions besoin de ressentir physiquement l’amour de nos parents. Alors, nous allions nous blottir dans les bras de notre maman, ou encore nous faire bercer par notre papa…

Notre Père du Ciel n’agit pas autrement : pour que nous puissions ressentir physiquement son amour, Son fils, Jésus, nous a donné des marques d’amour tangibles : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la réconciliation, l’onction des malades, l’ordre et le mariage. À chaque fois que nous « courons » à la messe, à l’adoration, à une soirée de prière, ou à toutes autres fêtes telles que Pâques, Noël, la Fête-Dieu, la Pentecôte, etc., nous courons nous blottir, nous fortifier, nous nourrir, bref, nous disposer à l’amour.

Y’a du monde à’messe!

Toutes célébrations, quelles qu’elles soient, sont captivantes dans la mesure où on a compris qu’on ne se réunit pas seulement pour fraterniser et rire un bon coup! Toute célébration est une invitation de Dieu à participer à Son œuvre d’amour, ce n’est pas rien…

C’est captivant parce qu’on agit avec Lui, entouré de tous nos frères et sœurs, de tous les saints et les anges du Ciel… ça fait du monde à’ messe, même si on ne les voit pas avec nos yeux.

Les catholiques fêtent quelqu’un, ou quelque chose, tous les jours. Ce sont des fêtards! Ils chantent, élèvent les mains, s’agenouillent, se lèvent, se donne la Paix du Christ. Partout à travers le monde, la liturgie est la même, offrant un espace et un temps d’arrêt pour rencontrer Dieu, et célébrer Son amour. C’est ainsi que Dieu féconde notre vie, intérieure, personnelle, familiale et culturelle - nous repartons comblés, apaisés et vivifiés. Pourquoi voudrions-nous nous en passer? Le dimanche, c’est tout ça, et c’est sacré. Oui, on est vraiment créés pour l’amour. Y’a de quoi fêter, non?

Les membres de l’Église aiment se rassembler pour célébrer les grands mystères chrétiens – les sacrements, des cadeaux de Jésus-Christ. Chaque dimanche est comme une petite fête de Pâques : les baptisés fêtent la résurrection du Christ.

D’où vient l'Église?

Jésus a fondé son Église pour rassembler toute l’humanité en un seul peuple dans la paix. L’Église est un mystère : il en est la Tête et les baptisés forment son Corps. On parle aussi de la Famille des enfants de Dieu et de la Communion des saints.

Chacun porte la responsabilité de faire connaître l’Évangile et aimer le Christ par sa propre vie. En union avec le pape et avec la collaboration des prêtres, les évêques gouvernent, enseignent le Peuple de Dieu et aident les baptisés à devenir des saints. La mission des laïcs est de s’engager dans la société, avec l’aide de l’Esprit-Saint, pour construire le Royaume de Dieu au milieu du monde dans leur famille et leur profession.

Que sont les sacrements?

Les sacrements sont comme des canaux par lesquels nous arrivent des forces surnaturelles (les grâces) pour nous aider à vivre à la manière de Jésus.

Quand les baptisés célèbrent les sacrements et écoutent la Parole de Dieu, Jésus-Christ vient à leur rencontre pour faire grandir en eux sa Vie. La plus profonde rencontre qu’on puisse vivre avec lui sur terre, c’est la liturgie – comme un rendez-vous amoureux avec Dieu au cours duquel nous l’écoutons, nous lui répondons, nous sommes entraînés dans son amour, guéris intérieurement et transformés.

Les sept sacrements

Le Baptême

C’est le fondement de la vie chrétienne. Par ce sacrement, nous sommes plongés dans la mort du Christ, libérés de l’influence du péché, et nous renaissons avec le Christ qui met sa vie divine en nous. Nous devenons membres de son Corps (l’Église) et enfants de Dieu appelés à être des saints et des apôtres.

La Confirmation

Par ce sacrement, nous recevons le don de l’Esprit-Saint. Il vient, comme un coach, nous guider et nous demander notre collaboration dans la vie de tous les jours. Il nous donne les forces nécessaires pour témoigner de l’amour de Dieu par nos paroles et nos actes. Il nous aide à remplir la mission reçue au baptême.  

L’Eucharistie

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Voilà ce qui se produit à chaque messe : le sacrifice de Jésus sur la Croix pour nous sauver est mystérieusement présent sur l’autel.

Nous pouvons offrir notre vie, notre travail, nos joies et nos peines avec le pain et le vin qui vont devenir le Corps et le Sang. Quand le prêtre dit : « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon Corps livré pour vous… Prenez et buvez-en tous, ceci est mon Sang versé pour vous », le Christ devient réellement présent!

En communiant, nous devenons ensemble l’unique Corps du Christ. Il nous transforme pour que nous allions ensuite transformer avec amour le monde ou nous vivons.

La Réconciliation

Jésus savait bien que nous sommes faibles physiquement et moralement, et que parfois nous refusons d’aimer à sa manière. Pour nous libérer, nous guérir et nous fortifier, il a donné aux prêtres la grâce de pardonner nos péchés en son nom, par le sacrement de Pénitence ou de Réconciliation. En confesser nos manques d’amour et en recevant son pardon miséricordieux, nous prenons un nouveau départ dans notre relation avec Dieu et nos pairs.

L’Onction des malades

Ce sacrement est offert à toute personne baptisée qui vit des difficultés de santé graves. En plus d’apporter réconfort, paix et courage au malade, ce sacrement unit ses souffrances à celles du Christ sur la Croix. Il en découle parfois une guérison corporelle, et apporte toujours la force d’affronter les luttes de l’âme pour se préparer à la mort, et le pardon des péchés.

L’Ordre

Les hommes qui reçoivent ce sacrement deviennent évêques, prêtres ou diacres.
 

  • Les évêques, y compris le Pape qui est évêque de Rome, ont pour mission d’enseigner, de sanctifier et de gouverner leur diocèse.

  • Les prêtres sont les collaborateurs des évêques. Comme eux, ils annoncent la Parole, administrent les sacrements et, surtout, célèbrent l’Eucharistie en agissant in persona Christi (c'est-à-dire en la personne du Christ). Ils jouissent de la force du Christ qui transforme, guérit et sauve.

  • Les diacres sont les ministres de la Parole, de l’autel et de la charité.
     

Le Mariage

Le sacrement du mariage est une union entre un homme et une femme, dans le Christ. Les époux se promettent librement de demeurer fidèles à leur relation exclusive pour toute la vie, avec la volonté d’accueillir des enfants. Ils sont l’image de l’amour que porte le Christ pour son Église.