Les aînés ont un rôle important pour l'Église catholique

Ainés

C’est quoi, être aîné? Y a-t-il une façon chrétienne d’être un aîné? Voilà de bonnes questions.

Dans cette section, nous vous présenterons quelques pistes de réflexion pour vous aider à devenir un aîné(e) pleinement épanoui. À leur lecture, vous comprendrez qu’être aîné(e), ce n’est surtout pas subir le poids des années de façon passive, en attendant la mort avec résignation. Au contraire, les aînés sont appelés à jouer dans la société et l’Église un rôle unique et irremplaçable.

À vous de le découvrir et surtout, de le vivre!

Dans une famille, l’aîné, c’est le premier-né d’une famille qui compte(ra) au moins deux enfants. Ce titre – lié à des responsabilités - va de soi : il est naturel et légitime.

Dans une famille, on naît aîné(e)… ou pas.  Dans la société, par contre, même ceux et celles qui ne l’étaient pas dans leur famille le deviennent au fil des décennies, qu’ils le veuillent ou non. Même terme, mais pas le même sens.

Dans la société, quand devient-on un(e) aîné(e), quand hérite-t-on de ce statut social particulier? Le devient-on lorsqu’on prend sa retraite du travail? Ou lorsqu’on commence à recevoir la rente de la RRQ à l’âge de 65 ans? Mais alors, ceux et celles qui la reçoivent dès l’âge de 60 ans deviennent-ils des aînés cinq ans avant les autres? Ou devient-on aîné lorsque certaines incapacités physiques nous touchent? Ou lorsqu’on devient grand-papa, grand-maman?

On le voit bien, le terme d’aîné a des contours bien flous. À l’évidence, pour le définir, il faut tenir compte de plusieurs paramètres : l’âge, la retraite, l’expérience de vie, une certaine sagesse, le fait (ou non) d’être grands-parents, les limites physiques, etc.

Les défis de la retraite

Attardons-nous maintenant à la retraite et à ses enjeux. Elle débute lorsque cesse le travail rémunéré régulier. Pour plusieurs, il s’agit de la libération tant attendue : la fin de plusieurs contraintes, de la pression, de la performance, et de la routine.  

Mais cette nouvelle étape de vie engendre plusieurs grands changements. Il faut alors faire le deuil d’un milieu de vie familier, d’une routine structurante et de liens affectifs qui ont tissé la trame de la vie quotidienne pendant plusieurs années. Aussi, la mesure du temps est chamboulée : on a l’impression d’avoir tout son temps devant soi, bien qu’on le sens s’accélérer.
La notion du temps se brouille même, parfois, dans la mémoire.

En prenant sa retraite, on entre dans « l’âge d’or », ce qui permet d’espérer un brin d’évasion et de rêve, au moins un temps où l’on pourra enfin faire « ce que l’on veut, quand on le veut », dans le respect de nos limites.

À la retraite, le temps rémunéré laisse sa place au temps donné : le bénévolat. C’est alors une belle occasion de faire l’inventaire de ses talents pour les mettre au service des autres, en commençant par nos proches.

Si l’on décide de les vivre tournées vers les autres, ces années fourniront plusieurs occasions d’épanouissement et de saine réalisation de soi.

Cependant, plusieurs facteurs pourraient avoir un impact important sur la qualité relative des années de retraite : le fait d’être célibataire ou marié, veuf(ve) ou non, la santé. Certaines épreuves de la vie – comme les deuils – compteront parmi les défis à surmonter, certains plus lourds que d’autres.

Quoiqu’il en soit, les années de cet âge d’or, si l’on veut qu’elles tiennent leurs promesses, devront être vécues positivement : non pas d’abord pour liquider les anciennes frustrations liées au marché du travail, mais plutôt comme des occasions de mettre le meilleur de soi – son cœur aimant, ses talents - au service des autres, de façon libre et désintéressée.

C’est en adoptant un tel état d’esprit et de cœur que cet âge d’or tiendra ses promesses.

 

Les grands-parents : témoins de la présence de Dieu et gardiens de la mémoire

Pour l’Église catholique, la mission des grands-parents chrétiens à l’égard de leurs petits-enfants est à la fois fondamentale et irremplaçable.  Les grands-parents sont des témoins de la présence douce, aimante et attentive de Dieu pour chacun de ses enfants, surtout les plus petits. Ainsi, à chaque fois que les grands-parents sont avec leurs petits-enfants, ils rendent l’amour de Dieu présent par leurs gestes et paroles.

Ce rôle irremplaçable des grands-parents est en appui à celui des parents, auxquels ils ne doivent pas se substituer ou s’opposer. En effet, les parents demeurent toujours les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Dans le cas où les parents n’auraient pas transmis les rudiments de la foi catholique à leurs enfants, les grands-parents se doivent de prendre sur eux cette responsabilité, avec doigté et sagesse.

Les grands-parents sont les gardiens de la mémoire religieuse: celle de la foi, des rites religieux, et des valeurs morales chrétiennes qui les ont fait vivre et espérer et qu’ils désirent transmettre à leurs petits-enfants. Les grands-parents sont aussi la mémoire vivante de la famille, de ses racines et de son histoire. Dès leur naissance, les petits-enfants reçoivent graduellement de leurs grands-parents le récit fascinant de leur histoire. Cet héritage s’intègre peu à peu à leur propre histoire et identité, et leur servira de repère pour la suite de leur vie. En leur transmettant leur mémoire, les grands-parents outillent leurs petits-enfants pour qu’ils puissent à leur tour construire leur avenir. 

Transmettre la foi

Par leur foi, les grands-parents ont pour mission d’avoir de l’attention pour leurs petits-enfants, en suivant l’exemple du Christ. Leur regard est doux et accueillant, compréhensif et miséricordieux, et plein d’espérance pour l’avenir.  Les grands-parents veillent à soutenir, apaiser, construire et donner de l’élan et de la force à leur descendance.

En s’inspirant de l’exemple de Marie et de Joseph, modèles exemplaires de tous les parents, les grands-parents savent être à l’écoute de leurs petits-enfants. Ils accueillent les confidences avec bienveillance, partagent les joies et les peines, les succès et les échecs; ils soignent les blessures, apaisent les crises et les tribulations de la vie, conseillent et remettent sur pieds.

Pour les jeunes, la maison des grands-parents devient non seulement le lieu de la mémoire, mais aussi et surtout une oasis où trouver le repos, le réconfort et de nouvelles forces.

Transmettre un regard d’amour et de compassion sur le monde

La grande expérience de vie de foi des grands-parents leur a appris à s’abstenir de juger les gens. Ils cherchent plutôt Dieu dans chaque personne en s’attardant sur la beauté plutôt que la laideur, et le bien plutôt que le mal. Les grands-parents désirent transmettre à leurs petits-enfants ce regard de sagesse et d’amour, apaisé et bienveillant qu’ils ont appris à perfectionner tout au long de leur vie de foi, à la suite de Jésus.

Les grands-parents chrétiens usent de discernement. Plutôt que de privilégier les valeurs de consommation, de performance, ou de vitesse, ils choisissent de privilégier les valeurs qui humanisent. Les grands-parents chrétiens habitent le monde avec amour et compassion; ils ont compris que ce qui est important est que l’être (la personne) passe en premier, et qu’il faut cultiver des liens de qualité qui nous unissent les uns aux autres.

 

 

Transmettre le goût de la prière

Les grands-parents chrétiens connaissent l’importance centrale de la prière qui permet de vivre une relation privilégiée et enrichissante avec Dieu. Bon nombre d’entre eux connaissent très bien les prières catholiques traditionnelles, récitées depuis leur enfance. Ils savent cependant que prier, ce n’est pas réciter machinalement une succession de mots, mais plutôt laisser jaillir les prières du cœur en vue d’établir et d’approfondir leur relation avec Dieu.

Parce qu’ils ont à cœur la croissance spirituelle de leurs petits-enfants, les grands-parents chrétiens prient avec eux. Si la formation religieuse des petits-enfants est inexistante ou débutante, ils pourront l’entreprendre et l’approfondir avec grande prudence et délicatesse, avec l’aide de leurs grands-parents et des parents. Ainsi, les grands-parents pourront apprendre à leurs petits-enfants, dès leur plus jeune âge, comment dire merci à Dieu pour tout ce qui est beau, demander pardon pour leurs petites colères, ou formuler une prière pour une petite faveur adressée à Dieu. Au fil des ans, ces prières toutes simples, développeront et solidifieront le lien intime d’amour que portent des jeunes enfants pour Dieu qui les aime éternellement.

Les grands-parents seront les accompagnateurs, les enseignants, et les modèles de constance pour leur petits-enfants par la prière quotidienne. La prière partagée unira par le cœur, les âmes des grands-parents à celles de leurs petits-enfants, créant ainsi des liens spirituels uniques et consistants.

La maison des grands-parents deviendra pour leurs petits-enfants une école de prière, où le seul vrai Dieu sera reconnu et adoré.

Transmettre la connaissance de la pratique catholique de la foi

Les grands-parents chrétiens sont souvent de très bonnes références pour la pratique de la foi dominicale (messe). Par leur piété, ils témoignent donc de l’importance de la pratique religieuse à l’église les dimanches à la messe, et en Église.

Dans le prolongement naturel de la formation chrétienne offerte à leurs petits-enfants, avec l’accord des parents (ou, en cas de refus, usant d’une grande discrétion et prudence, selon ce qui sera possible), les grands-parents enseigneront à leurs petits-enfants les pratiques ecclésiales régulières de la foi catholique : les sacrements et rituels, les fêtes liturgiques importantes et les différentes cérémonies. Toute cette formation s’articulera autour de la présence essentielle à l’eucharistie dominicale, l’heure sacrée de la semaine pour tout chrétien, de laquelle découle tant de grâces.

Dans la mesure où les parents le permettent, les grands-parents participent à la formation et à la célébration des moments forts de leurs petits-enfants, c’est-à-dire, les sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la première communion (la réconciliation y est rattachée) et la confirmation. Tout au long de leur formation chrétienne, les grands-parents leur rappellent les grâces et les obligations de leur baptême, l’éminente beauté de leur identité chrétienne, les valeurs spirituelles et morales promues par l’Église, de même que l’importance de la vie et de la fraternité paroissiales.

Grâce à ces formation et accompagnements quotidiens, l’église paroissiale des grands-parents ne sera plus pour les petits-enfants un endroit mystérieux et inconnu, mais plutôt le lieu de la présence du Christ Vivant au milieu de son peuple, un endroit chaleureux où ils se sentiront chez eux, et où leur foi prendra forme et vie. L’église paroissiale deviendra alors pour eux l’Église de Jésus, le Christ, leur Seigneur.

Transmettre le sens de la vie

Le plus beau rôle des grands-parents consiste à montrer à leurs petits-enfants que la vie a un sens, qui se résume en Jésus, révélateur du Dieu-Père dans l’Esprit, qui nous donne sa vie divine par ses sacrements reçus dans son Église.

Par leur témoignage fidèle et lumineux de vie chrétienne, les grands-parents transmettront à leurs petits-enfants la certitude fondamentale que donne la foi : Dieu est toujours là, Dieu les accompagnera fidèlement tout au long de leur vie, jusqu’à la mort. Tout cela est possible car Dieu est amour.

Lorsqu’ils vieilliront à leur tour, les petits-enfants se souviendront de la leçon transmise par leurs grands-parents : il est bon de marcher avec Dieu et d’aller vers lui en toute confiance et sérénité, jusque dans la mort qui est Vie éternelle.

Quelles tâches et responsabilités merveilleuses que de propager des semences de foi et de vie éternelle dans le cœur des petits-enfants!