« Servir la justice, c’est aussi donner un goût de vivre » : Mgr Lépine à la Messe rouge
Montréal
Le 10 septembre dernier, Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, présidait la Messe rouge à la chapelle de la Basilique Notre-Dame de Montréal. À cette occasion, les personnes engagées dans le domaine de la justice ont été invité à redécouvrir la profondeur de leur vocation et la responsabilité qui leur est confiée au sein de la société.
S’inspirant de l’Évangile du sel de la terre et de la lumière du monde, Mgr Lépine a rappelé que servir la justice ne consiste pas uniquement à exercer une profession ou à défendre des causes. C’est aussi contribuer à bâtir une société dans laquelle chaque personne peut croire qu’elle a un lieu vers lequel se tourner lorsqu’elle cherche la vérité et la justice.
Une vocation au service de la justice
Pour Mgr Lépine, la quête de justice peut être comprise comme une véritable vocation. Elle implique de rechercher la vérité, de défendre ce qui est juste et de contribuer, par son travail, à faire grandir la confiance au sein de la société.
« Quand il n’y a personne pour servir la justice, qu’est-ce qu’il y a dans une société? », a-t-il demandé dans son homélie.
La simple existence de personnes et d’institutions consacrées à la recherche de la justice constitue déjà, selon lui, un signe important. Elle affirme que la justice compte et que celles et ceux qui se sentent victimes d’une injustice peuvent espérer trouver un endroit où leur situation sera entendue et où ils pourront chercher réparation.
Servir la justice, c’est donc aussi contribuer à donner du goût à la vie collective. Une société dans laquelle les personnes peuvent avoir confiance dans la justice est une société qui nourrit l’espérance.
« Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde »
En reprenant l’image évangélique du sel, Mgr Lépine a proposé une réflexion sur ce que signifie donner « du goût » au monde.
Du point de vue de la justice, un monde qui a du goût est un monde où l’on peut croire en la justice, où l’on sait qu’il existe des lieux et des personnes vers lesquels se tourner lorsqu’une situation devient difficile.
Cette mission prend une importance particulière dans les moments où la vie devient éprouvante. La maladie, la solitude, l’échec ou d’autres épreuves peuvent parfois faire perdre le goût de vivre. Une injustice qui demeure sans réponse peut elle aussi devenir profondément éprouvante.
Dans ce contexte, œuvrer pour la justice, c’est également œuvrer pour le « goût de vivre » : le goût de vivre dans une société où l’on peut espérer être entendu, accompagné et soutenu dans sa quête de justice.
Persévérer lorsque la justice demande du temps
La recherche de la justice est toutefois un chemin exigeant. Elle demande de l’énergie, de la patience, de la persévérance et de la sagesse. Elle peut aussi devenir une source de fatigue pour celles et ceux qui y consacrent leur vie.
Comment alors continuer à nourrir cette soif de justice? Comment garder confiance et trouver la force de poursuivre son engagement lorsque les résultats tardent à venir?
Pour Mgr Lépine, cette question conduit directement à la source de la foi chrétienne.
« Quand on est fatigué, parce que ça manque d’énergie, quand on n’en peut plus parce que ça demande de la patience et de la persévérance, aller à la source : Jésus-Christ est cette source », a-t-il rappelé.
Le Christ, source de justice, de vérité et de paix
Au cœur de son homélie, Mgr Lépine a invité les personnes présentes à reconnaître en Jésus-Christ non pas simplement un idéal de justice, de bonté ou de paix, mais leur source.
En Jésus-Christ, a-t-il rappelé, la justice, la vérité, la bonté et la paix ne sont pas seulement des projets auxquels aspirer : elles sont une réalité qui se donne à accueillir.
La vie chrétienne devient ainsi une relation avec le Christ, qui vient à la rencontre de chaque personne pour la transformer intérieurement et lui donner la force de devenir, à son tour, source de ce qui est bon autour d’elle.
Cette transformation passe notamment par la grâce, qui permet de purifier le cœur et de rendre la personne toujours davantage capable de vivre dans la justice, la bonté et la paix.
Être soi-même un témoignage
En conclusion, Mgr Lépine est revenu à l’appel à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde ». Il a invité les personnes engagées au service de la justice à reconnaître dans leur vocation une manière concrète de témoigner de l’espérance chrétienne.
Leur engagement professionnel peut ainsi devenir un témoignage : celui d’une société où la justice est recherchée, où la vérité compte et où chaque personne peut espérer être entendue.
Nourrie par la relation au Christ, cette vocation à la justice peut alors devenir une source de confiance et d’espérance pour les autres.
« Quel témoignage? Votre témoignage est bon », a rappelé Mgr Lépine, invitant chacun et chacune à laisser sa vie témoigner de la vérité, de la bonté, de la justice et de la paix.
Joanne Dorcé
Gestionnaire du contenu et directrice adjointe,
Service des communications
Archidiocèse de Montréal
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