Une croix dans la ferme : Le Mercredi des Cendres célébré avec les travailleurs saisonniers
Montréal
Le mercredi des Cendres, le début du Carême a pris une signification toute particulière dans une ferme du Québec, là où travaillent, loin de leurs familles et de leur pays, des dizaines de travailleurs saisonniers guatémaltèques et mexicains. Au milieu des longues journées, du froid et de la distance, l'Église est allée à leur rencontre — là où ils sont.
Une présence pastorale au cœur des champs
Le père Pierangelo Paternieri, c.s., vicaire épiscopal des communautés culturelles du Diocèse de Montréal, accompagné d’Eliana Jaramillo, collaboratrice aux Communautés culturelles, et de Julissa Hengstenberg, Consule générale du Guatemala, s'est rendu auprès de ces travailleurs pour célébrer avec eux le rite des Cendres. Un geste pastoral simple, mais profondément humain : se rendre là où se trouvent les fidèles, même au cœur des champs, même dans le froid de l'hiver québécois.
Ce rassemblement spontané et sincère a réuni des hommes et des femmes qui, malgré l'éloignement et les sacrifices du quotidien, portent en eux une foi vivante. Pour eux, cette célébration a été bien plus qu'une cérémonie : un moment de communion, de mémoire et d'espérance.
Une étreinte spirituelle loin de chez soi
La croix de cendres tracée sur le front — ce geste millénaire qui traverse les siècles — a pris, ce jour-là, une dimension encore plus profonde. Pour ces travailleurs qui vivent loin de leur terre natale, elle est devenue une étreinte spirituelle, un rappel de leurs racines, et la certitude qu'ils ne sont pas seuls. Que quelqu'un pense à eux. Que l'Église pense à eux.
« Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière » — ces paroles de la liturgie résonnent différemment quand elles sont prononcées dans une grange, au milieu d'une communauté rassemblée, à des milliers de kilomètres de sa maison. Elles rappellent à la fois la fragilité de la condition humaine et la présence consolante de Dieu, qui accompagne chacun, où qu'il soit.
Rejoindre, accompagner, soutenir
Cette célébration témoigne de la vocation profonde du Diocèse de Montréal : rejoindre toutes les communautés, sans exception, et leur offrir l'accompagnement spirituel et humain dont elles ont besoin. Elle nous rappelle aussi que l'Église n'a pas de frontières — et que la solidarité est au cœur même du message évangélique.
Les travailleurs saisonniers contribuent chaque année, dans l'ombre et la discrétion, à nourrir nos familles et nos communautés. Ils méritent d'être reconnus, respectés et soutenus — non seulement dans leurs droits, mais aussi dans leur dignité, leur culture et leur vie spirituelle.
En ce temps du Carême, nous sommes invités à poser des gestes concrets de solidarité : prier pour eux, les accueillir, s'informer sur leurs conditions de vie, et soutenir les initiatives pastorales qui leur sont destinées. Car prendre soin des plus vulnérables, c'est prendre soin du Christ lui-même (Mt 25, 35-40).
Un moment de foi, de partage et de proximité.
Que ce Carême nous rapproche les uns des autres, et du Dieu qui marche avec nous.
Par Alessandra Santopadre
Adjointe, Office des communautés culturelles et rituelles
Responsable, Programme de parrainage, réfugiés et demandeurs d'asile
Archidiocèse de Montréal
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